Pourquoi l'Accor Arena, jeudi, réclame une convention citoyenne
Des associations et personnalités organisent jeudi un rassemblement devant l'Accor Arena pour exiger une convention citoyenne sur l'intelligence artificielle.

Un rassemblement est prévu jeudi 8 octobre à partir de 17 heures sur le parvis de l'Accor Arena, à Paris. Des associations et des personnalités préoccupées par le développement de l'intelligence artificielle (IA) y réclameront la création d'une convention citoyenne sur « ce sujet brûlant qui concerne tout le monde ». L'annonce a été faite lundi 5 octobre par les organisateurs, selon Le Monde.
Le choix du lieu n'est pas anodin. Ce même jour se tient à l'Accor Arena Big 2026, une réunion d'entrepreneurs organisée par bpiFrance, qui consacre une partie de son programme à l'IA. « Les acteurs économiques discutent entre eux de l'avenir de l'IA, mais ce sujet brûlant concerne tout le monde et provoque une inquiétude généralisée », a déclaré Laura Operti, pianiste à l'origine du collectif Réveillons-nous, qui organise l'événement.
« Les acteurs économiques discutent entre eux de l'avenir de l'IA, mais ce sujet brûlant concerne tout le monde et provoque une inquiétude généralisée », Laura Operti, pianiste, collectif Réveillons-nous.
Une pétition lancée en mars
Le collectif Réveillons-nous a lancé en mars 2026 une pétition sur la plateforme du Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour réclamer « en urgence » une convention citoyenne sur l'IA. Le texte dénonce des « bouleversements induits par l'IA » qui ont lieu « à une vitesse foudroyante ».
Déposée sous la référence cese-INIT-2026-03-821, la pétition doit atteindre 150 000 signatures pour que le CESE se saisisse officiellement du sujet. Elle en comptait 3 900 lundi 5 octobre, d'après Le Monde. Les porteurs du texte réclament, au-delà de la saisine du CESE, l'engagement d'un référendum à l'issue de la convention.
Si le seuil est atteint, ce serait la quatrième convention citoyenne organisée en France, après celles consacrées au climat en 2020, à la fin de vie en 2023 et au temps de l'enfant en 2025.
Les chiffres de la mobilisation
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Signatures recueillies par la pétition | 3 900 | Le Monde, 5 octobre 2026 |
| Seuil requis pour saisine automatique du CESE | 150 000 | Réveillons-nous / CESE |
| Date de lancement de la pétition | mars 2026 | Le Monde |
| Rang de la convention si elle a lieu | 4e convention citoyenne (après climat, fin de vie, temps de l'enfant) | Réveillons-nous |
Laura Operti espère réunir jeudi plus d'une centaine de personnes, pour ce qu'elle présente comme « le premier rassemblement de ce type sur l'IA en France ».
Qui sera présent
Plusieurs collectifs ont confirmé leur participation. Parmi eux, l'Association des médecins urgentistes de France, le collectif Algos Victima, qui rassemble des familles d'adolescents victimes des réseaux sociaux, le collectif de traducteurs En chair et en os, Pause IA, qui milite pour un moratoire mondial sur l'IA, et Lève les Yeux, association mobilisée sur les impacts du numérique chez les jeunes.
Des personnalités sont également attendues : Patrick Albert, l'un des pionniers de l'IA en France, le guitariste Mathias Duplessy, ainsi que les écrivains Gaspard Koenig, Blandine Rinkel et Abel Quentin. Ce dernier a publié Sanctuaire, un livre appelant à une vaste mobilisation contre l'IA.
Ce rassemblement s'inscrit dans une série d'actions menées depuis le printemps par des collectifs critiques de l'IA. L'Association française contre l'intelligence artificielle (AFCIA) a ainsi recensé des manifestations le 1er mai près de l'Assemblée nationale, le 23 septembre devant la conférence AI Engineer 2026, puis le 26 septembre à Fontainebleau. Dès février 2025, une vingtaine d'organisations, dont la Quadrature du net et la Ligue des droits de l'Homme, avaient formé la coalition Hiatus pour réclamer une « limitation drastique » des usages de l'IA, en marge du sommet international sur l'IA organisé à Paris.
Le monde littéraire est par ailleurs traversé par une controverse qui nourrit ces inquiétudes : l'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien est accusé d'avoir eu recours à l'IA pour écrire son roman C'était ça ou mourir, l'un des succès de la rentrée littéraire.
Sources
Sujets
- intelligence artificielle191
- convention citoyenne
- CESE
- Réveillons-nous
- manifestation Paris
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