Radio dans les voitures : les stations veulent un accès garanti
Radio France, l'Alliance de la Radio et Les Locales réclament lundi 21 septembre 2026 l'installation obligatoire de récepteurs FM et DAB+ dans les voitures…

La question de la radio dans les voitures s'invite dans le débat public français et européen. Radios publiques, privées et associatives ont uni leurs voix lundi 21 septembre 2026 pour demander aux pouvoirs publics de rendre obligatoire l'équipement des véhicules neufs en récepteurs hertziens.
En cause : certains constructeurs, notamment américains ou chinois, ne proposent plus systématiquement l'accès à la radio FM et DAB+ dans l'équipement multimédia de leurs véhicules. Ils privilégient l'accès aux plateformes de streaming comme Spotify ou Deezer, parfois en réservant la radio hertzienne à une option payante.
Un front commun inédit
Le communiqué est signé par trois familles habituellement séparées : le groupe public Radio France, l'Alliance de la Radio qui fédère les radios privées comme RTL ou Europe 1, et Les Locales qui représentent les radios associatives. « Alors que plusieurs constructeurs commercialisent aujourd'hui des véhicules dépourvus de récepteur FM et DAB+ ou proposent la radio en option payante, l'ensemble du secteur de la radio appelle le gouvernement à garantir l'accès direct et gratuit à la radio hertzienne dans les véhicules », écrivent-elles dans leur texte commun.
Les trois organisations avaient déjà formulé une demande similaire en février 2026 auprès des décideurs européens, dans le cadre de la révision du Code européen des communications électroniques. Cette fois, l'appel vise directement le gouvernement français et le Parlement.
Une bataille sur deux fronts, à Bruxelles et au Sénat
La demande se joue à deux niveaux. Au niveau européen, le règlement sur les réseaux numériques, le Digital Networks Act, est en cours de discussion à Bruxelles. Il doit déterminer si l'équipement des véhicules neufs en récepteurs FM et DAB+ devient une obligation dans toute l'Union.
Au niveau national, l'article 2 de la proposition de loi relative à la modernisation de la radio, présentée par le sénateur Laurent Lafon, reprend cette exigence pour les véhicules. Les radios demandent au gouvernement de soutenir ce texte sans en affaiblir le dispositif. Le débat au Sénat est fixé au 13 octobre 2026.
« L'accès des Français à la radio ne peut pas dépendre d'un accord commercial entre un constructeur automobile et une plateforme de streaming. C'est au législateur de le garantir », Constance Benqué, présidente de l'Alliance de la Radio.
Le poids de l'écoute en voiture
L'enjeu économique est réel pour un secteur dont l'audience globale recule depuis plusieurs années. Environ un tiers de l'écoute de la radio se fait en voiture, selon les données de Médiamétrie citées par 20 Minutes. Les radios privées de l'Alliance revendiquent de leur côté trois auditeurs sur quatre à l'écoute quotidienne.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Couverture DAB+ de la population métropolitaine | 66 %, fin 2025 | Selectra, données Arcom |
| Couverture DAB+ des autoroutes | 85 % | Selectra |
| Radios diffusées en DAB+ | 621 stations, avril 2026 | Selectra |
| Écoute de la radio réalisée en voiture | environ un tiers | 20 Minutes, Médiamétrie |
| Débat au Sénat de la proposition de loi | 13 octobre 2026 | 20 Minutes |
Depuis 2021, une directive européenne impose déjà aux constructeurs d'équiper tous les véhicules neufs vendus dans l'Union d'un récepteur DAB+. Mais les radios estiment que cette obligation reste insuffisante face à des interfaces multimédias qui, en pratique, mettent en avant le streaming au détriment de la radio hertzienne dans les tableaux de bord.
Un argument de sécurité civile
Au-delà de l'audience, les dirigeantes des deux principaux groupes avancent un argument sécuritaire. Sibyle Veil, présidente de Radio France, insiste sur le rôle de la radio en cas de crise, en rappelant l'exemple de la coupure d'électricité qui avait frappé l'Espagne en avril 2025, durant laquelle la radio hertzienne était restée l'un des seuls moyens d'information disponibles.
« Quand tout s'arrête, la radio reste. Une voiture sans récepteur est un angle mort de la Sécurité civile », Sibyle Veil, présidente de Radio France.
Constance Benqué, présidente de l'Alliance de la Radio et dirigeante d'Europe 1, met en avant un argument de principe sur le rôle du législateur face aux accords commerciaux entre constructeurs et plateformes.
La discussion du Digital Networks Act à Bruxelles et l'examen de la proposition de loi Lafon au Sénat, le 13 octobre 2026, détermineront si les demandes du secteur se traduisent par une obligation légale pour les constructeurs automobiles.
Sources
- 20 Minutes : High-Tech
- Un accès direct et gratuit : les radios veulent un équipement adapté à l'écoute dans toutes les voitures
- Radio France, l'Alliance de la radio et les radios associatives demandent des garanties d'accès
- Radio numérique : pourquoi la FM n'est pas condamnée à disparaître
- L'Alliance de la Radio et Radio France appellent les décideurs européens à rendre la radio obligatoire
- DAB+ : une couverture nationale et locale en voie d'achèvement
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