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Etats-Unis : pourquoi ces caméras de surveillance finissent

Aux États-Unis, les caméras Flock, qui lisent les plaques d'immatriculation grâce à l'intelligence artificielle, sont vandalisées en masse.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Caméra routière sur poteau, recouverte d'un sac plastique, maculée de peinture noire.

Des boîtiers noirs décapités à la disqueuse, parfois détruits à l'explosif. Depuis plusieurs mois, ces scènes se multiplient aux États-Unis et circulent largement sur les réseaux sociaux. Elles visent les caméras de surveillance de l'entreprise Flock Safety, des lecteurs de plaques d'immatriculation dopés à l'intelligence artificielle, installés par centaines de milliers à travers le pays.

Ces dispositifs photographient en continu les véhicules qui passent, enregistrent la plaque, la marque, le modèle et la couleur, puis alimentent une base de données partagée entre services de police. Atlanta, en Géorgie, en compterait près de 10 000 à elle seule. Dans certains quartiers de la ville, on recense jusqu'à 80 caméras, selon un reportage de Franceinfo.

Une base de données consultée sans mandat

Le système inquiète parce qu'il permet de consulter l'historique des trajets d'un véhicule sans autorisation judiciaire. Plusieurs policiers ont été accusés d'avoir détourné cet usage à des fins personnelles. À Milwaukee, un agent nommé Josue Ayala a consulté la base de données 125 fois entre mars 2025 et mai 2026 pour espionner son ex-petite amie, et 55 fois pour suivre les déplacements de l'homme qu'elle avait fréquenté avant lui, selon Le Figaro.

« Tous vos mouvements sont consignés dans une gigantesque base de données, dans laquelle la police peut chercher, même si vous n'êtes accusé d'aucun délit. », Al Solove, militante anti-caméras Flock.

Une enquête du Washington Post, citée par RTL, a recensé au moins 50 policiers accusés d'avoir détourné le système, en majorité pour espionner une compagne ou une ex-compagne. Face à ces révélations, Flock a réduit de trente à sept jours la durée de conservation par défaut des images pour ses nouveaux clients, et dit avoir mis en place un dispositif de détection des usages abusifs.

Des dizaines de villes rompent leurs contrats

La contestation a pris la forme d'un mouvement baptisé DeFlock, organisé autour d'un site collaboratif qui cartographie les caméras et d'un groupe Facebook, DeFlock America, qui rassemble plusieurs centaines de milliers de membres. Une application permettant de repérer les boîtiers a été téléchargée 600 000 fois, d'après son créateur cité par Franceinfo.

Sous la pression, de nombreuses collectivités ont choisi de mettre fin à leurs contrats. Selon le recensement de l'association Secure Justice, cité par La Tribune, 214 villes et comtés avaient abandonné Flock depuis 2021, dont 90 rien qu'en août 2026. À Pasadena, en Californie, une manifestation a rassemblé une centaine de personnes le 19 août pour réclamer la rupture d'un contrat de 630 000 dollars signé en 2023, selon Le Monde.

IndicateurChiffreSource
Caméras Flock déployées aux États-Unisplus de 120 000Le Monde, août 2026
Plaques scannées chaque mois20 milliardsLe Monde, août 2026
Services de police utilisateurs7 000, soit deux sur cinqFranceinfo, octobre 2026
Villes et comtés ayant abandonné Flock depuis 2021214, dont 90 en août 2026La Tribune, septembre 2026
Policiers accusés d'avoir détourné le systèmeau moins 50RTL, août 2026

Un front bipartisan et une enquête au Sénat

Le mouvement rassemble des opposants des deux bords politiques. En Caroline du Nord, à Asheville, des progressistes craignent que l'administration Trump n'utilise les caméras pour surveiller des immigrés sans papiers ou des personnes transgenres. À une centaine de kilomètres de là, dans le comté conservateur d'Oconee, en Caroline du Sud, des républicains y voient une atteinte aux droits garantis par la Constitution, selon L'Opinion.

Le 26 août, le sénateur républicain Josh Hawley a ouvert une enquête parlementaire sur les pratiques de Flock Safety, rapporte Le Monde. Face à la polémique, le PDG de l'entreprise, Garrett Langley, a présenté ses excuses publiques.

« Je suis désolé que Flock n'ait pas été à la hauteur. Je suis désolé que vous ne fassiez plus confiance aux services de police chargés de vous protéger. », Garrett Langley, PDG de Flock Safety.

L'entreprise met en avant son bilan opérationnel, affirmant avoir contribué à résoudre plus d'un million d'affaires, dont un kidnapping d'enfant élucidé en moins d'une heure grâce à ses caméras en juillet, selon Franceinfo. Elle prévoit malgré tout de poursuivre son développement, avec des drones capables de scanner des milliers de plaques à la demande des forces de l'ordre. Ce bras de fer entre surveillance algorithmique et vie privée rejoint un débat plus large sur l'encadrement de l'intelligence artificielle, alors que Washington et Pékin viennent de créer un canal dédié aux incidents liés à l'IA.

Sources

  1. Franceinfo : Tech
  2. Aux États-Unis, la révolte contre des caméras de vidéosurveillance utilisant l'IA
  3. REPORTAGE. Aux États-Unis, la société civile s'organise contre les caméras de surveillance Flock
  4. Caméras Flock : l'IA qui traque les trajets et déclenche une révolte américaine
  5. Aux Etats-Unis, une opposition grandissante à Flock, un réseau de 120 000 caméras qui identifient les voitures
  6. Erreurs, abus et «surveillance de masse»... La colère gronde aux États-Unis face aux caméras dopées à l'IA de Flock Safety
  7. Les Américains, républicains comme démocrates, sont unanimes : ils ne veulent plus de caméras de surveillance
  8. Sabotages en série: Aux Etats-Unis, la colère monte contre un vaste réseau de surveillance des voitures
  9. Aux États-Unis, la colère monte contre les caméras de surveillance Flock, accusées de porter atteinte à la vie privée

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