Google Discover : 26 000 articles d'une ferme à IA déjà bannie
Un éditeur de sites générés par IA, déjà blacklisté en 2025, a de nouveau inondé Google Discover avec 26 000 articles avant d'être banni une seconde fois.

Trois sites appartenant au même éditeur ont capté jusqu'à 4 % du trafic de Google Discover début octobre 2026. À eux seuls, ils ont publié 26 000 articles, un volume à comparer aux 34 000 textes produits sur la même période par l'ensemble du site Ouest France, qui emploie pourtant plus de 700 journalistes.
Cette information est révélée par NextINpact, qui enquête depuis plusieurs mois sur la prolifération de sites d'actualité générés par intelligence artificielle dans Google Discover, l'algorithme de recommandation de contenus intégré à l'application Google et à Chrome sur mobile. L'éditeur visé avait déjà été exclu de la plateforme en 2025 pour des pratiques similaires.
Une ferme de contenus déjà sanctionnée revient en force
Selon NextINpact, les trois noms de domaine à l'origine de l'opération sont en réalité d'anciens sites expirés, rachetés par des professionnels du référencement. Ils ont capté 2 % du flux Discover en septembre 2026, puis plus de 4 % la première semaine d'octobre, avant d'être blacklistés par Google.
Le compte d'analyse 1492.vision, qui suit en continu la composition des contenus recommandés par Discover, a signalé le phénomène sur le réseau social X avant la réaction de Google.
« Google a ré-ouvert les vannes de Discover », 1492.vision, dashboard d'analyse des contenus Discover.
Un pic à 12 % de contenus générés par IA début octobre
D'après le dashboard 1492.vision, cité par NextINpact, la part des articles provenant de sites identifiés comme générés par IA (GenAI) dans Discover était retombée à un peu plus de 3 % en avril 2026, après avoir dépassé 8 % en décembre 2025. Elle a ensuite oscillé entre 4 et 6 % durant l'été, avant de grimper brutalement en septembre pour frôler 12 % début octobre.
Ce pic a chuté à moins de 5 % dès que Google a banni le spammeur à l'origine de la flambée, selon les mêmes données.
« des spammers sont entrés », 1492.vision, dashboard d'analyse des contenus Discover.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Articles publiés par le spammeur avant blacklistage | 26 000 | NextINpact, octobre 2026 |
| Articles publiés par Ouest France sur la même période | 34 000 | NextINpact, octobre 2026 |
| Part du trafic Discover captée début octobre | jusqu'à 4 % | NextINpact, octobre 2026 |
| Part des contenus Discover issus de sites GenAI, début octobre | près de 12 % | 1492.vision, via NextINpact |
| Chute de fréquentation des sites d'info en un an | près de 25 % | APIG, via NextINpact |
| Sites GenAI identifiés en français par Next | plus de 19 000 | NextINpact, extension web Next |
Discover, première source de trafic de la presse
L'enjeu dépasse le seul cas de ce spammeur. Discover représentait 53 % des sources de trafic d'un panel de 68 titres de l'Alliance de la presse d'information générale (APIG) en juin 2025, selon des chiffres cités par NextINpact. Au sein du trafic en provenance de Google, Discover pesait 72 %, contre 21 % pour le moteur de recherche classique et 7 % pour Google Actualités.
Cette dépendance explique l'inquiétude des éditeurs face aux variations de l'algorithme. La fréquentation des principaux sites d'information a chuté de près de 25 % en un an, une baisse en partie attribuée par NextINpact aux modifications apportées à Discover.
En septembre 2026, près de 7 % des URLs et 8,5 % des visites sur les sites francophones recommandés par Discover provenaient de 145 sites d'infos générés par IA, alors que ceux-ci ne représentaient que 2,6 % des 5 552 domaines recommandés ce mois-là, selon 1492.vision.
Une base de données qui ne cesse de grossir
NextINpact développe depuis février 2025 une extension gratuite pour Chrome et Firefox destinée à signaler les sites générés par IA identifiés manuellement par sa rédaction. Cette base, qui comptait un peu plus de 1 000 sites à son lancement, en recense désormais plus de 19 000 rien qu'en langue française.
Le règlement de Google relatif au contenu Discover prévoit la suppression du contenu non conforme et, en cas de manquements répétés, un bannissement complet du site des surfaces Discover. Le cas de cet éditeur, déjà sanctionné une première fois puis revenu sous d'autres noms de domaine, illustre la difficulté de l'entreprise à empêcher durablement le retour de ces fermes de contenus.
Sources
Sujets
- google discover
- intelligence artificielle201
- fermes de contenus
- désinformation10
- presse en ligne
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