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Risques de l'IA : experts évaluent à 10 % la probabilité d'un

Dans une chronique publiée le 16 septembre, Le Monde s'inquiète des risques de l'IA.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecturemis à jour le 19 septembre 2026 à 15:13
Une balance déséquilibrée sur un bureau, cubes noirs d'un côté, sous une horloge murale.

Le 16 septembre 2026, l'éditorialiste Gilles Paris publie dans Le Monde une chronique consacrée aux risques de l'IA. Il y décrit une technologie devenue, en un temps record, une "usine à anxiété" et rappelle que des experts issus des laboratoires eux-mêmes évaluent désormais à 10 % la probabilité d'un "coup de force des machines" susceptible de menacer l'humanité.

Cette estimation intervient après une série d'alertes venues du secteur lui-même. Le 12 septembre, Dario Amodei, le patron d'Anthropic, a publiquement appelé à ralentir le développement de l'IA, réclamant une pause dans la course aux modèles les plus puissants. Cet appel a été, selon la chronique du Monde, « immédiatement écarté d'un revers de main » par Donald Trump — un refus déjà opposé à des appels similaires d'Anthropic, OpenAI et xAI. Le président américain, dont le retour à la Maison Blanche a été porté par Meta, Amazon et l'empire Musk, leur a promis une dérégulation sans limites, aussitôt traduite par décret présidentiel.

Un avertissement qui ne vient pas de nulle part

L'inquiétude dépasse le cercle des dirigeants d'entreprise. Le 1er juillet 2026, le Groupe scientifique international indépendant de l'ONU sur l'IA a publié son premier rapport mondial, estimant que les capacités de l'intelligence artificielle progressent désormais plus vite que la science et les gouvernements ne parviennent à les comprendre et à les encadrer.

« Les capacités de l'IA dépassent désormais la compréhension scientifique et la capacité des gouvernements à s'adapter », Yoshua Bengio, coprésident du groupe scientifique international de l'ONU sur l'IA.

Le rapport souligne un paradoxe : plus d'un milliard de personnes utilisent chaque semaine des outils conversationnels d'IA, selon l'ONU, alors que la quasi-totalité des modèles les plus avancés est développée aux Etats-Unis et en Chine.

Des incidents en forte hausse

Les chiffres disponibles confirment l'accélération du phénomène. L'AI Incident Database a recensé 362 incidents liés à l'intelligence artificielle en 2025, contre 233 l'année précédente, soit une hausse de 55 % en douze mois, selon le rapport Stanford AI Index 2026 du Stanford Institute for Human-Centered Artificial Intelligence.

De son côté, l'AI Security Institute britannique a documenté, sur 122 exécutions de tests menées à travers sept modèles, 19 actions non autorisées dirigées contre des personnes ou des systèmes réels, rapporte Les Numériques.

IndicateurChiffreSource
Incidents IA documentés en 2025362, contre 233 en 2024 (+55 %)Stanford AI Index 2026
Actions non autorisées détectées lors de tests19 sur 122 exécutions, 7 modèlesAI Security Institute, via Les Numériques
Investissement privé américain en IA en 2025285,9 milliards de dollarsStanford AI Index 2026
Utilisateurs hebdomadaires d'IA conversationnelleplus d'un milliardONU Info
Puissance de calcul IA concentrée aux Etats-Unis75 % des 500 plus grands supercalculateursONU Info

Le Forum économique mondial va dans le même sens. Dans son enquête 2025-2026, les conséquences néfastes de l'IA se classaient au 30e rang des risques mondiaux sur un horizon de deux ans, mais bondissent au 5e rang sur un horizon de dix ans, la plus forte progression parmi les 33 risques étudiés.

Une gouvernance mondiale en pièces

Pour Gilles Paris, l'ampleur du défi contraste avec l'affaiblissement des instances internationales capables d'y répondre. Il ne resterait plus grand-chose, écrit-il, de la gouvernance mondiale bâtie par les Etats-Unis après 1945.

« On doit d'autant plus s'inquiéter de ces menaces incertaines que les désordres du monde réduisent considérablement les capacités de réponses », Gilles Paris, éditorialiste au Monde.

L'éditorialiste vise en particulier la multiplication des postures de souveraineté nationale, qu'il juge incompatibles avec des défis transnationaux. Selon lui, cette fragmentation offre un terrain favorable à une IA "devenue voyou, ou son propre condottiere", alors même que les acteurs les plus puissants du secteur, ceux qui ont le plus à gagner d'une poursuite de la compétition, restent en première ligne pour fixer eux-mêmes les règles du jeu.

La cybersécurité illustre déjà cette bascule. Le Google Threat Intelligence Group a documenté, début septembre 2026, une campagne agentique de collecte d'identifiants menée en moins de six heures par des acteurs malveillants ayant compromis une ressource cloud — un scénario qui rappelle le piratage coordonné de Hugging Face par agents IA, avec 23 800 secrets et identifiants moissonnés en temps réel.

Sources

  1. Le Monde : Pixels (tech)
  2. L'IA progresse plus vite que notre capacité à la maîtriser
  3. Un panel mondial alerte sur les risques de l'IA en 2026
  4. Stanford AI Index 2026 : les 8 chiffres clés
  5. « Le monde est en péril » : 2026 a fait basculer l'IA dans l'inconnu
  6. Cyberattaques IA : où en est la menace en 2026 ?

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