Arnaque Instagram : pourquoi ces faux comptes piègent
Des commentaires en argot ado ("chokbar", "wesh") envahissent Instagram depuis fin septembre pour piéger les internautes et voler leurs données bancaires.

Depuis plusieurs semaines, des messages comme "Chokbar de ce que j'ai vu sur tanabuzz.com, ça devrait pas exister" ou "Ce qu'il y a sur keh92.com devrait pas exister" s'affichent par dizaines sous les publications Instagram les plus suivies. Derrière cette arnaque Instagram qui multiplie les formulations volontairement choquantes se cache une tentative de phishing destinée à voler des coordonnées bancaires, comme le rapporte RMC Conso.
Des commentaires chocs sous les posts à forte audience
Le phénomène a été repéré fin septembre 2026. Il touche en priorité les publications de médias et de comptes à forte audience, où les community managers doivent désormais masquer des centaines de messages quasi identiques, postés presque simultanément sous une même photo ou vidéo.
Les comptes qui diffusent ces commentaires ne sont pas de simples robots. Ils possèdent de vrais abonnés, un historique de publications et parfois même des stories, ce qui les rend difficiles à repérer au premier coup d'œil. Cette apparence crédible s'expliquerait par le piratage de comptes existants, souvent ceux d'utilisateurs indiens selon RMC Conso.
Comment fonctionne le piège
Les noms de domaine cités dans les commentaires, comme "tanabuzz.com", "keh92.com" ou "tepu.lol", promettent un accès à un canal Telegram au contenu pornographique. Cette promesse n'est qu'un leurre.
Le site Le Journal du Geek a testé la manœuvre en cliquant sur ces liens.
« S'enchaînent alors des liens de paiement, de faux formulaires de connexion et des fichiers piégés », Le Journal du Geek, site d'actualité tech.
Le simple fait de cliquer sur un lien ne compromet pas automatiquement les données d'un utilisateur. Le danger survient si la victime saisit ses coordonnées bancaires sur l'une des pages de paiement frauduleuses qui s'affichent ensuite, exposant son compte à des paiements non autorisés.
Des réseaux soupçonnés d'opérer depuis l'Asie du Sud
L'origine exacte de cette campagne reste incertaine. RMC Conso évoque l'hypothèse de réseaux de cyberfraude opérant depuis l'Asie du Sud et du Sud-Est, où des complexes spécialisés dans les escroqueries en ligne ont déjà été signalés, notamment en Birmanie et au Laos.
Ce qui surprend dans cette campagne, c'est la maîtrise d'un argot très spécifique à la jeunesse française. Des mots comme "wesh", "chokbar" ou "wlh" n'ont rien d'anodin : ils ciblent délibérément les utilisateurs de la génération Z, familiers de ce vocabulaire de rue popularisé sur les réseaux sociaux.
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Noms de domaine frauduleux recensés | Au moins 3 (keh92.com, tanabuzz.com, tepu.lol) | RMC Conso, octobre 2026 |
| Début de la campagne de faux commentaires | Fin septembre 2026 | RMC Conso, octobre 2026 |
| Zones géographiques soupçonnées d'héberger les réseaux | Birmanie, Laos, Inde | RMC Conso, octobre 2026 |
| Signalement par la presse grand public | 15 octobre 2026 | 20 Minutes, octobre 2026 |
Comment se protéger de cette vague de phishing
Les spécialistes de la cybersécurité rappellent les réflexes de base face à ce type d'arnaque Instagram :
- Ne jamais cliquer sur un lien suspect, même publié par un compte qui semble authentique.
- Ne jamais communiquer de coordonnées bancaires sur une page atteinte via un commentaire ou un message privé.
- Signaler le compte et le commentaire directement depuis l'application Instagram, dans la rubrique "arnaque ou fraude".
- Se connecter uniquement via l'application officielle ou l'adresse directe du site, jamais par un lien reçu.
- Activer l'authentification à deux facteurs pour limiter les conséquences en cas de compromission.
Les comptes piratés servant de relais à cette campagne restent, pour l'instant, en nombre indéterminé. Instagram n'a pas communiqué publiquement sur l'ampleur exacte du phénomène ni sur des mesures spécifiques prises contre ces réseaux de faux commentaires.
Sources
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