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Next INpact : trois ans après son rachat, le pari tient

Trois ans après avoir évité la faillite, le média Next INpact, devenu Next, dresse le bilan de son pacte passé avec ses lecteurs en 2023.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Tirelire cochon posée près d'un clavier, pile de journaux pliés sur un bureau.

Le 16 octobre 2023, à Nanterre, l'équipe de Next INpact montait sur scène pour présenter aux lecteurs les contours d'un sauvetage inespéré. Trois ans plus tard, le site, rebaptisé Next, publie un bilan détaillé de ce qu'il appelle son « pacte ».

À l'été 2023, Next INpact est exsangue. Le média, fondé il y a plus de vingt ans par Christophe Neau sous le nom de PC INpact, a déjà frôlé le dépôt de bilan à plusieurs reprises, notamment en 2021 où il fallait réunir 200 000 euros pour continuer, selon les informations rassemblées par Wikipédia. Ferdinand Chevrant-Breton, patron de la société moji, se propose de racheter le site via sa holding oui.do/things, en garantissant de ne pas interférer avec la ligne éditoriale. La transaction est bouclée le 26 septembre 2023.

Fin de la publicité et des appels aux dons

Le changement le plus radical porte sur le modèle économique. Avant la reprise, Next INpact combinait publicité, affiliation, abonnements et dons. La nouvelle direction choisit de couper entièrement les leviers publicitaires et les campagnes de soutien financier, en misant uniquement sur la qualité éditoriale pour convaincre de s'abonner.

La grille tarifaire est simplifiée avec un prix unique fixé à 8 euros par mois ou 80 euros par an. Trois ans plus tard, ce tarif n'a pas bougé, alors que le pacte initial prévoyait une hausse à 10 euros mensuels. L'offre solidaire à 25 euros par an s'est, elle, élargie à un public plus large, des moins de 25 ans aux foyers à petits revenus. Depuis le printemps 2025, le site a aussi mis fin à la libération automatique des articles réservés aux abonnés, pour protéger la valeur de ses archives face, notamment, à l'aspiration de contenus par les modèles d'intelligence artificielle.

Une rédaction renforcée, des comptes encore dans le rouge

« Le pari était doublement risqué, puisqu'il revenait à sabrer une ligne de revenus tout en alourdissant les dépenses, le tout sur la base d'un compte d'exploitation tirant vers le rouge écarlate. », la rédaction de Next, média en ligne.

Dès la reprise, deux postes auparavant rémunérés à la pige sont transformés en CDI. Aujourd'hui, la rédaction compte huit journalistes à temps plein, dont le dessinateur de presse Flock, après l'arrivée de Mickaël au printemps dernier. Une départure, celle de Mathilde, est annoncée, mais l'effectif a vocation à être maintenu, voire renforcé.

« Il reste encore du chemin, dans la mesure où les recettes liées aux abonnements ne couvrent pas encore les salaires de la rédaction, mais le curseur se déplace, petit à petit, dans la bonne direction. », la rédaction de Next, média en ligne.

Le site revendique une production quotidienne étoffée depuis 2023, avec des enquêtes et analyses régulières sur l'intelligence artificielle, le numérique et leurs impacts sociétaux. La courbe des abonnements affiche une inflexion positive, mais les recettes qui en découlent ne couvrent pas encore l'ensemble des salaires de la rédaction.

De nouveaux outils et un partenariat de presse

Plusieurs chantiers ont été menés en parallèle. Next a introduit un espace de stockage offert aux abonnés, des codes cadeaux, et une formule « Institutions » permettant par exemple à une université d'offrir un accès complet à ses étudiants et personnels via le réseau du campus.

Le média participe aussi depuis plus d'un an à La Presse Libre, une plateforme qui donne accès à huit médias indépendants via un abonnement unique, récemment relancée avec une nouvelle version de son site. Cette semaine, Next doit par ailleurs publier une charte encadrant son usage de l'intelligence artificielle générative, un sujet sensible pour une rédaction qui a bâti une partie de son identité sur la défense de contenus produits par des humains face à une production automatisée massive.

IndicateurChiffreSource
Date du rachat26 septembre 2023Next.ink / Wikipédia
Prix de l'abonnement8 euros par mois ou 80 euros par an, inchangé depuis 2023Next.ink
Tarif solidaire25 euros par anNext.ink
Effectif de la rédaction8 journalistes à temps pleinNext.ink
Besoin de financement en 2021200 000 eurosWikipédia

Le quotidien Le Monde avait relevé, après le rachat, que Next « ambitionne d'être bénéficiaire en 2027 », tout en continuant d'être exploité à perte. La rédaction, de son côté, écarte explicitement le recours à des contenus générés par IA ou à la multiplication des sources de revenus pour redresser les comptes, préférant miser sur l'abonnement comme seul levier de pérennité.

Sources

  1. NextINpact
  2. Next (site web) — Wikipédia
  3. Next, un pacte : nos changements et engagements pour la suite
  4. Les tarifs des abonnements premium évoluent

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