Actu Allo360
En continu

Revente d'objets volés : six plateformes sommées d'agir par Bercy

Après les pillages de commerces du week-end, le gouvernement a convoqué Vinted, eBay, Leboncoin, Amazon.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Carton ouvert rempli de téléphones et bijoux en vrac sur un comptoir.

Des lots de rouge à lèvres neufs, des maillots de foot avec l'antivol encore attaché, des sacs entiers de produits cosmétiques : depuis les pillages de commerces survenus samedi 17 et dimanche 18 octobre en marge des manifestations contre la vie chère, des internautes ont repéré et relayé sur les réseaux sociaux des ventes suspectes sur les plateformes de seconde main. Certaines annonces mentionnaient explicitement la date du 17 octobre, voire revendiquaient le vol. Face à cette revente d'objets volés en ligne, le gouvernement a décidé d'agir dès lundi.

Six plateformes convoquées à Bercy

La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, et le ministre du Commerce et des PME, Serge Papin, ont réuni lundi 19 octobre en visioconférence Vinted, Amazon, eBay, Leboncoin, Meta et TikTok, en présence de représentants des ministères de l'Intérieur et de la Justice. L'objectif affiché : empêcher la revente des produits dérobés et aider les autorités à identifier les receleurs.

« Des articles volés ce week-end sont proposés à la vente sur certaines plateformes », a écrit Serge Papin sur X, précisant attendre un retrait « sans délai » des annonces concernées.

« Nous attendons de ces plateformes qu'elles retirent sans délai les annonces en question », Anne Le Hénanff et Serge Papin, ministres du Numérique et du Commerce.

La réunion a aussi associé l'Alliance française des places de commerce et la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD), selon des informations de BFMTV.

Des annonces supprimées en quelques minutes

Sollicitée en premier par l'AFP, Vinted a été la première plateforme à réagir officiellement, assurant appliquer une « tolérance zéro » à l'égard de la vente de biens volés.

« Depuis ce week-end, nos équipes ont agi immédiatement pour identifier et supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés, et nous avons renforcé le contrôle des annonces suspectes », Vinted, communiqué transmis au Monde.

Le Monde a pu constater que certaines annonces douteuses, publiées lundi dans la journée, avaient été supprimées en quelques minutes. Leboncoin a de son côté affirmé que « 100 % des annonces déposées » faisaient l'objet de « contrôles automatisés avant leur mise en ligne », tout en reconnaissant ne pas disposer « de données consolidées permettant d'établir une hausse du nombre d'annonces litigieuses » liées aux événements. eBay a tenu un discours similaire, indiquant utiliser « de manière proactive des outils technologiques » pour détecter la mise en vente de biens volés, complétés par des contrôles manuels, sans pouvoir confirmer une hausse des signalements ce week-end.

Ce n'est pas la première fois que ces plateformes sont mobilisées dans ce contexte. Après les émeutes consécutives à la mort de Nahel en 2023, Vinted et Leboncoin avaient déjà annoncé collaborer avec les autorités pour repérer les annonces frauduleuses, notamment à l'aide d'algorithmes.

Jusqu'à cinq ans de prison pour les revendeurs

Vendre ou acheter un bien en sachant qu'il provient d'un vol constitue un recel, vendeurs et acheteurs risquent cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende, rappelle le site service-public.fr. Le gouvernement a prévenu que les plateformes seraient « amenées à collaborer étroitement avec les services de l'État pour que les revendeurs soient poursuivis ». Gabriel Attal et Jordan Bardella ont également réclamé une coopération renforcée entre marketplaces et enquêteurs, le candidat à la présidentielle appelant à identifier les jeunes qui « s'affichent avec des biens qui ont été volés pour les revendre ».

Des pillages qui ont touché des milliers de commerces

Le bilan des violences en marge de la mobilisation du 17 octobre reste élevé. Le gouvernement évalue à au moins 3 000 le nombre de commerces touchés par des dégradations et des pillages à travers le pays, de Paris à Marseille en passant par Lyon et Nantes. La Fédération du commerce et de la distribution, par la voix de son président Alexandre Bompard, a évoqué 1 500 commerces dégradés et volés, pour une facture totale de plusieurs centaines de millions d'euros. À Lille, au moins 83 commerces ont été saccagés selon la municipalité.

IndicateurChiffreSource
Commerces touchés (estimation gouvernement)au moins 3 000BFMTV, 19 octobre 2026
Commerces pillés (FCD, Alexandre Bompard)environ 1 500Journal du Geek, 19 octobre 2026
Peine encourue pour recel5 ans de prison et 375 000 € d'amendeservice-public.fr, cité par franceinfo
Préjudice estimé par enseigneentre 300 000 et 500 000 eurosL'Indépendant, 19 octobre 2026
Commerces dégradés à Lilleau moins 83France 3 Hauts-de-France, 19 octobre 2026

Aucune des plateformes interrogées par l'AFP n'a pour l'instant été en mesure de chiffrer précisément la hausse du nombre d'annonces suspectes liées aux pillages du week-end.

Sources

  1. Le Monde : Pixels (tech)
  2. VIDÉO. Des objets volés lors des pillages du 17 octobre revendus en ligne
  3. Des objets volés lors des pillages du 17 octobre revendus en ligne, les plateformes Vinted et Leboncoin assurent appliquer une tolérance zéro
  4. Violences du 17 octobre : après les pillages, les plateformes de revente mobilisées pour supprimer les annonces
  5. Volé le 17, revente du 17 : les annonces d'articles volés se multiplient sur Vinted et Leboncoin
  6. Vinted et Leboncoin sont envahis d'annonces de produits volés lors des pillages du 17 octobre
  7. Les Français ne toléreront pas que des prédateurs s'enrichissent : Attal et Bardella demandent à Vinted et Leboncoin d'aider l'Etat à retrouver les voleurs
  8. Vinted, Leboncoin, Whatnot… le gouvernement prend une mesure radicale contre les produits volés pendant les manifestations
  9. Volé pendant la manif : au lendemain de la mobilisation du 17 octobre, les produits pillés revendus en ligne à prix cassés
  10. Commerces pillés : les sites de revente entre particuliers sommés de retirer les annonces illégales

Sujets