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Nom, prénom, IBAN : ce moteur de recherche pirate sait tout

Un moteur de recherche pirate permet d'obtenir gratuitement les coordonnées de millions de Français, dont plusieurs candidats à la présidentielle 2027.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Ecran d'ordinateur avec barre de recherche et fiches personnelles vierges éparpillées autour.

Un nom, un prénom, et quelques secondes suffisent. C'est le constat fait par RTL puis confirmé par Le Parisien et franceinfo mardi 29 septembre 2026 : un moteur de recherche pirate accessible en ligne permet de retrouver les données personnelles de millions de Français à partir d'une simple requête.

Numéros de téléphone, adresses postales, adresses e-mail, parfois même IBAN ou numéros de sécurité sociale remontent en quelques clics. Le service, gratuit pour les premières recherches puis facturé 20 euros par mois selon RTL, revendique des dizaines de millions de fiches individuelles.

Des personnalités politiques exposées

Les candidats déclarés ou pressentis pour la présidentielle de 2027 ne sont pas épargnés. Une recherche fait apparaître les numéros de téléphone de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Édouard Philippe, ainsi que des adresses associées à Éric Zemmour ou François Ruffin, rapportent RTL et Le Parisien.

Franceinfo a mené ses propres tests et obtenu le téléphone et le mail de Marine Tondelier, l'adresse personnelle d'Édouard Philippe et un numéro de compte bancaire attribué à François Ruffin, sans pouvoir en vérifier l'exactitude. Sébastien Lecornu et Gabriel Attal figurent aussi parmi les responsables politiques concernés.

« on doit pouvoir savoir quand on est citoyen de ce pays que nos données sont en sécurité », Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts.

Le degré de précision des fiches varie. Un journaliste de franceinfo a par exemple retrouvé un ancien numéro de plaque d'immatriculation et une adhésion sportive vieille de trente ans, preuve que les données agrègent plusieurs sources et plusieurs époques.

Un phénomène en pleine expansion

Dans le jargon de la cybersécurité, ces sites s'appellent des "lookups". Ils n'exécutent pas eux-mêmes les piratages : ils agrègent des bases de données volées, récupérées ou achetées sur des canaux Discord ou Telegram, puis les rendent consultables via un moteur unique.

Le phénomène prospère à mesure que les fuites se multiplient. France Travail, des opérateurs télécoms, des fédérations sportives et, plus récemment, l'administration fiscale figurent parmi les organismes touchés ces derniers mois, selon RTL. Les partis politiques eux-mêmes n'y échappent pas : La France insoumise et le Rassemblement national ont tous deux subi cette année des incidents de sécurité exposant potentiellement les données de leurs militants.

« Aujourd'hui, cela concerne de fait près de neuf Français sur dix », Clément Domingo, hacker éthique, alias SaxX.

IndicateurChiffreSource
Français concernés par un "lookup"environ 9 sur 10RTL, 29 septembre 2026
Abonnement mensuel du site consulté20 eurosRTL, 29 septembre 2026
Peine encourue pour recel de données5 ans de prison et 375 000 euros d'amendeLe Parisien, 29 septembre 2026
Particuliers et entreprises touchés par le piratage de la DGFiPprès de 700 000Rapport de l'Anssi, 29 septembre 2026
Informations judiciaires ouvertes à Paris sur les "lookups"2Franceinfo, fin août 2026

Selon Le Parisien, les informations personnelles des candidats pourraient provenir des pillages de données survenus en 2024 chez Free, SFR ou Auchan, recombinées avec des fuites plus récentes.

L'accès à ces données, même facilité, ne les rend pas légales à exploiter. Leur détention ou leur utilisation en connaissance de leur origine peut relever du recel, un délit passible de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende, rappellent RTL et Le Parisien.

Le parquet de Paris a confirmé fin août à franceinfo que deux informations judiciaires visant des services de "lookup" étaient déjà ouvertes. Le phénomène n'est pourtant pas nouveau : en juin, franceinfo avait révélé l'existence d'un service similaire, que plusieurs responsables politiques avaient alors signalé à la justice.

Interrogée par RTL, Marine Tondelier a indiqué avoir été concernée par les fuites de données touchant la CAF et les impôts, sans pouvoir déterminer l'origine exacte de la fuite qui la concerne aujourd'hui. La vice-procureure chargée des enquêtes cyber, Johanna Brousse, décrivait en mai dans Le Monde "une compétition qui consiste à avoir le plus grand nombre de bases de données volées" entre les acteurs de ce marché clandestin.

Aucune procédure judiciaire ne vise à ce stade le site consulté par RTL et Le Parisien, dont l'adresse n'a pas été rendue publique par les rédactions.

Sources

  1. Franceinfo : Tech
  2. Édouard Philippe, Marine Tondelier, François Ruffin, parmi les nombreux concernés par la fuite de données personnelles en ligne
  3. Les numéros de téléphone de Le Pen et Mélenchon fuitent sur un moteur de recherche pirate
  4. Les numéros de téléphone de candidats à la présidentielle fuitent sur un moteur de recherche pirate
  5. Mélenchon, Le Pen, Philippe… Les numéros de téléphone de candidats à la présidentielle fuitent sur un moteur de recherche pirate
  6. INFO RTL - Le Pen, Mélenchon, Philippe... Les numéros de téléphone de candidats à la présidentielle accessibles sur un moteur de recherche pirate
  7. Présidentielle 2027 : des données personnelles de certains candidats fuitent sur des moteurs de recherche pirates

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