Rachat de SFR : jusqu'à 3 500 salariés en grève jeudi
Environ un tiers des 8 000 salariés de SFR ont fait grève jeudi 24 septembre pour dénoncer le plan social lié au rachat de l'opérateur par Bouygues Telecom.

Entre 1 000 et 2 000 grévistes ont défilé jeudi après-midi devant le siège d'Altice France, à Balard, selon un constat de l'AFP, tandis que d'autres rassemblements se tenaient à Lyon et à Rennes. Sous le slogan "SFR, c'est nous !", l'intersyndicale réunissant l'Unsa, la CFDT et la CFTC a voulu envoyer un "coup de semonce" aux trois futurs repreneurs à l'occasion du rachat de SFR.
Selon l'Unsa, syndicat majoritaire, au moins 2 660 salariés ont cessé le travail. La CFDT évoque de son côté 3 500 grévistes. La direction d'Altice n'a communiqué aucune estimation à l'AFP. Ce mouvement intervient près de quatre mois après la signature, le 6 juin, d'un accord de vente entre Patrick Drahi et le consortium formé par les trois opérateurs.
Un rachat de SFR à la découpe entre trois rivaux
Le rachat de SFR prévoit un dépeçage de l'opérateur entre ses concurrents, pour un montant compris entre 20,35 et 21 milliards d'euros, selon Le Monde. Bouygues Telecom, Orange et Free doivent se partager les 19,4 millions de clients mobiles et 6,1 millions d'abonnés fixes de SFR, avant de faire disparaître la marque, probablement fin 2026 ou début 2027.
Cette opération doit permettre à Altice France, fragilisée par une dette de 15,8 milliards d'euros, de sortir M. Drahi de l'impasse financière dans laquelle il se trouve. Le chiffre d'affaires du groupe a chuté de 8,7 % au deuxième trimestre, à un peu plus de 2 milliards d'euros, dans le sillage d'une perte de 250 000 clients, selon Le Monde.
« SFR est une entreprise qui gagne de l'argent, alors où est-il parti ? », Olivier Lelong, représentant CFDT.
Des milliers de postes dans le flou
Sur les 8 000 salariés du périmètre repris, environ 5 000 devraient rejoindre l'un des trois opérateurs, dont 2 300 chez Bouygues Telecom, 235 chez Orange et seulement 53 chez Free, d'après les chiffres cités par France 24. Les 120 boutiques concernées ajoutent environ 2 000 personnes à ce total. Free, qui vient par ailleurs d'étoffer son offre avec sa Freebox Ultra intégrant plusieurs services de streaming, ne récupère quasiment aucun salarié malgré les millions de clients captés dans l'opération.
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Bouygues Telecom Corporate sur X
Pour les autres, une seule proposition de reclassement par salarié a été formulée, jugée très insuffisante par les syndicats qui en réclament trois. Selon La Tribune, ces derniers dénoncent aussi des indemnités fixées à seulement 70 % du plan de départ volontaire de 2021, et encore moins que celui de 2017. Les filiales comme Altice Technical Services, qui emploie 3 200 salariés, sont purement et simplement exclues du périmètre de rachat, tout comme la relation client, portant à près de 12 000 le nombre d'emplois directs et indirects jugés menacés par les représentants du personnel.
« On ne se voile pas la face, on sait que ce rachat va se faire. Mais ce qu'on veut, c'est être entendu, qu'il y ait plus de nos collègues qui soient repris. », Geneviève, salariée de SFR depuis 17 ans.
Des indemnités contestées et la justice saisie
Bouygues Telecom, principal bénéficiaire de l'opération, met en avant ses propositions financières. Pour un salarié au salaire médian de SFR qui choisirait un projet extérieur, l'entreprise assure proposer l'équivalent de près de trois années de salaire net.
Les comités sociaux et économiques de SFR ont déjà assigné en justice la direction d'Altice France, avant d'attaquer également le consortium de repreneurs, selon Frandroid. La procédure de rachat, elle, reste suspendue à une décision de l'Autorité de la concurrence attendue d'ici fin 2027, et pourrait ne pas être finalisée avant 2028. Le consortium affirme de son côté avoir déjà tenu six journées de négociations avec les représentants du personnel, avec d'autres rencontres prévues dans les prochains jours.
Chiffres clés du dossier
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Montant du rachat | 20,35 à 21 milliards d'euros | Le Monde, 24 septembre 2026 |
| Salariés actuels de SFR | 8 000 | BFMTV, 24 septembre 2026 |
| Salariés devant être repris | environ 5 000 | BFMTV, 24 septembre 2026 |
| Grévistes selon l'Unsa | au moins 2 660 | France 24, 24 septembre 2026 |
| Dette d'Altice France | 15,8 milliards d'euros | Le Monde, 24 septembre 2026 |
La moyenne d'âge des salariés de SFR est de 50 ans, selon France 3 Pays de la Loire, un facteur supplémentaire d'inquiétude pour ceux qui devront retrouver un emploi hors du secteur des télécoms si le plan social se confirme dans les mois qui viennent.
Sources
- BFMTV : Tech
- Cette très belle boîte a été tuée : les salariés de SFR manifestent en nombre
- Il n'y a rien pour les salariés : la grève est maintenue chez SFR
- Vente de SFR: environ un tiers des 8.000 salariés en grève, selon les syndicats
- On ne sait pas ce qu'on devient : les salariés de SFR en grève
- Les syndicats de SFR, inquiets pour l'emploi, appellent à la grève
- Rachat de SFR : 5 000 postes menacés, les CSE attaquent en justice les repreneurs
- Le rachat de SFR déclenche une grève et des actions en justice
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