Robots dans les Ehpad: les promesses futuristes d'Éric Zemmour
Éric Zemmour affirme que la Chine, le Japon et la Corée du Sud remplacent déjà les travailleurs immigrés par des robots dans les Ehpad.

Le 17 septembre 2026, Éric Zemmour a plaidé pour une "révolution technologique" sur le plateau de Face à BFM, envisageant que des robots dans les Ehpad puissent suppléer les travailleurs immigrés dans le secteur de l'aide à la personne. En Île-de-France, où les employés issus de l'immigration constituent 68% des effectifs de ces établissements selon BFMTV, le candidat de Reconquête y voit une solution à ce défi.
Pour appuyer son propos, il a cité des pays qui auraient déjà franchi le pas.
« Ça existe en Chine, au Japon, en Corée du Sud », Éric Zemmour, président de Reconquête.
Interrogé sur ce point précis, Jean-Baptiste Mouret, directeur de recherche à Inria au laboratoire Loria, dément toute généralisation. Selon lui, aucun déploiement massif de robots dans les Ehpad n'existe aujourd'hui, ni en Chine ni au Japon.
« À ma connaissance, il n'y a pas de déploiement à très grande échelle, que ce soit en Chine ou au Japon », Jean-Baptiste Mouret, directeur de recherche Inria, laboratoire Loria.
Des expérimentations, pas des remplacements
En Chine, quelques start-up testent des robots humanoïdes "majordomes" capables d'assister des personnes âgées. GigaAI commercialise ainsi son modèle S1, vendu environ 15.000 dollars, pour le ménage, la lessive ou l'assistance quotidienne. Mais la production à grande échelle reste hors de portée.
Le fondateur d'Unitree Robotics avait lui même reconnu en 2025 que l'usage domestique d'un robot humanoïde demeurait "complexe", un constat qui rejoint les difficultés documentées par le travail des annotateurs indiens qui filment leurs gestes pour entraîner ces machines. Contrairement à un robot aspirateur, qui exécute une tâche unique dans un espace fixe, un robot d'aide à la personne doit s'adapter à un environnement changeant, partagé avec des humains fragiles. Les démonstrations publiques, y compris au CES 2026, ont d'ailleurs toutes nécessité un pilotage humain à distance.
Au Japon, le robot Robear, conçu pour transporter des patients, reste au stade expérimental. Son coût, environ 70.000 euros par unité, en interdit toute diffusion à grande échelle.
Des solutions qui exigent toujours un humain
Aux États-Unis, les autorités sanitaires ont autorisé en août 2026 l'usage d'Aletta, un robot capable de réaliser des prises de sang grâce à une lumière proche de l'infrarouge et une échographie Doppler. Les tests ont montré que 95% des prélèvements réussissent dès la première piqûre, selon les données rapportées par BFMTV. Mais la présence d'un infirmier ou d'une infirmière reste obligatoire pour surveiller la machine, et les installations restent limitées à quelques établissements.
En France, des dispositifs comme le robot social Enchanted Tools existent déjà dans certains hôpitaux, pour interagir avec des patients âgés ou des enfants. Il n'a toutefois ni jambes ni autonomie réelle, et fonctionne toujours sous supervision humaine.
Un marché naissant, loin des besoins d'un Ehpad
Le marché mondial des robots humanoïdes pourrait atteindre 50 milliards de dollars en 2027, en hausse de 20% par rapport à 2026, selon le cabinet LeadLeo cité par BFMTV. Une croissance rapide, mais partie d'une base encore très faible face aux besoins massifs de l'aide à la personne, un secteur où la collecte de données personnelles fait déjà l'objet d'un examen minutieux, comme le montre l'enquête sur la monétisation des données de santé par Doctolib.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Prix du robot majordome S1 (GigaAI, Chine) | environ 15 000 dollars | BFMTV |
| Prix du robot Robear (Japon) | environ 70 000 euros par unité | BFMTV |
| Taux de réussite du robot infirmier Aletta (Etats-Unis) | 95% dès la première piqûre | BFMTV |
| Marché mondial des robots humanoïdes en 2027 | 50 milliards de dollars, +20% vs 2026 | LeadLeo, cité par BFMTV |
| Part des employés issus de l'immigration en Ehpad (Île-de-France) | 68% | BFMTV |
| Immigrés légaux entrés en France en 2025 | 377 000, contre 100 000 en 2000 | Insee, cité par Yahoo Actualités |
Aucun cadre réglementaire n'existe non plus pour encadrer l'usage de robots auprès de personnes vulnérables, un vide juridique que la Commission européenne cherche à combler ailleurs, comme en témoigne l'appel de von der Leyen à freiner l'IA jugée trop risquée, un manque que les chercheurs jugent tout aussi bloquant que les limites technologiques actuelles. Le vieillissement de la population, qui devrait s'accentuer d'ici 2050, pousse plusieurs pays, dont le Japon, à investir dans la robotique depuis des années sans être parvenus à une solution satisfaisante.
Face à ce constat, plusieurs médias, dont Libération, ont ironisé sur la proposition du fondateur de Reconquête, qui n'a communiqué aucun chiffre précis sur le nombre d'emplois concernés en France ni sur un calendrier de mise en œuvre de cette automatisation.
Sources
- BFMTV : Tech
- La Chine et le Japon remplacent-ils les travailleurs immigrés par des robots ?
- «Des robots à la place des immigrés» : la proposition choc d'Éric Zemmour
- Vivement qu'un robot change la couche d'Eric Zemmour dans un Ehpad
- Présidentielle, immigration, voile, Marine Le Pen... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Éric Zemmour sur BFMTV
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