Ces influenceurs locaux qui font la promotion de leur ville
À Bordeaux et ailleurs, des créateurs de contenu suivis par moins de 50 000 abonnés sont payés par des commerces pour vanter leur ville.

À Bordeaux, Camille Dufau a rendez-vous un matin dans une pâtisserie réputée pour ses cannelés. Pour une vidéo d'une minute trente, elle installe le décor, règle la caméra, puis se filme seule pendant plus d'une heure. Ce jour-là, l'enseigne la rémunère 1 500 euros pour la publication, selon un reportage diffusé par France 2 et Franceinfo.
Ces influenceurs locaux ont un point commun : ils comptent moins de 50 000 abonnés mais un public fidèle, attaché à leur ville. Camille Dufau, 40 ans et mère de famille, en a fait un métier. Avec 49 000 abonnés, elle représente une cible de choix pour les annonceurs qui cherchent à toucher une audience de proximité plutôt qu'une communauté massive et diluée.
Des contrats sélectifs, loin des stars internationales
"Je reste dans ma ligne éditoriale depuis 12 ans et donc je refuse beaucoup plus de collaborations que j'en accepte. Parce qu'il faut que le produit me plaise, il faut évidemment qu'il ait été testé et approuvé", explique l'influenceuse à Franceinfo.
« Je reste dans ma ligne éditoriale depuis 12 ans et donc je refuse beaucoup plus de collaborations que j'en accepte. Parce qu'il faut que le produit me plaise, il faut évidemment qu'il ait été testé et approuvé. », Camille Dufau, influenceuse à Bordeaux.
Pour les marques, ce choix de micro-influenceurs répond à une logique précise. "Il y a moins d'abonnés, mais il y a moins de perdition. C'est-à-dire qu'on va la payer à un certain prix, mais on sait qu'il y a un grand pourcentage de son audience qui va être concerné par la publication", détaille Jean-Marie de Lauzun, responsable de contenu à l'agence Eliette et délégué régional de l'Union des métiers de l'influence et des créateurs de contenu.
« Il y a moins d'abonnés, mais il y a moins de perdition. On sait qu'il y a un grand pourcentage de son audience qui va être concerné par la publication. », Jean-Marie de Lauzun, responsable de contenu, agence Eliette.
Au-delà de la gastronomie, l'immobilier s'y met aussi
Le phénomène dépasse les restaurants et les pâtisseries. À Bordeaux, une propriétaire a préféré confier la vente de sa villa à une influenceuse immobilière plutôt qu'à une agence classique. "Les agences classiques montrent des photos, il n'y a pas vraiment de vie. Là, il y a quand même des petites vidéos. On est vraiment dans le vrai et dans ce que nous, on vit", confie Delphine Laval, la propriétaire, à Franceinfo.
La vente a été confiée à Sonia Reboul, qui possède un compte suivi par 37 000 abonnés et réalise près de la moitié de ses ventes grâce à ses vidéos. Selon elle, ces publications attirent une clientèle venue d'ailleurs, qui découvre le bien avant de se déplacer pour une visite.
Un marché qui séduit neuf marques sur dix
Selon l'Union des professionnels du secteur, citée par Franceinfo, 89 % des marques s'intéressent désormais à ces ambassadeurs locaux sur les réseaux sociaux. Le phénomène n'est pas propre à Bordeaux. À Pau, une habitante cumule 14 000 abonnés sur son compte "Pau Foodie" et fait régulièrement décoller la fréquentation de restaurants et cafés de la ville, selon un précédent reportage de Franceinfo.
Dans l'hôtellerie de luxe, le mouvement prend une ampleur comparable. Le palace parisien Le Bristol a collaboré avec 80 à 100 créateurs de contenu en 2025, selon Le Figaro. La direction de l'établissement assure constater "une différence immédiate" sur son chiffre d'affaires dès qu'un influenceur publie une photo de son offre gastronomique.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Rémunération d'une publication à Bordeaux | 1 500 euros | Franceinfo, octobre 2026 |
| Abonnés de l'influenceuse Camille Dufau | 49 000 | Franceinfo, octobre 2026 |
| Marques intéressées par les ambassadeurs locaux | 89 % | Union des professionnels du secteur, cité par Franceinfo |
| Créateurs de contenu voyage actifs en France | environ 8 000 | Be-hype, juin 2026 |
| Collaborations du Bristol avec influenceurs (2025) | 80 à 100 | Le Figaro, janvier 2026 |
| EMV de l'Hôtel Martinez sur Instagram (1er semestre 2026) | 8,25 millions d'euros | Baromètre Kolsquare, cité par Le Journal du Luxe |
Une tendance qui s'étend à tout le territoire
Au niveau national, le phénomène prend de l'ampleur. Selon une étude Atout France publiée en 2026 et citée par Be-hype, 34 % des touristes français déclarent avoir choisi leur destination de séjour après avoir vu du contenu sur Instagram ou TikTok, contre 18 % en 2021. Le secteur du tourisme a généré 92 milliards d'euros de recettes en France en 2025, une part croissante provenant de recommandations publiées sur les réseaux sociaux, toujours selon Be-hype.
Des offices de tourisme s'organisent déjà pour capter cette audience. Dans le Gard, l'office Beaucaire-Terre d'Argence a invité dix influenceurs en septembre dernier pour promouvoir la région, selon Le Figaro, touchant une audience cumulée de 140 000 abonnés. Dans la Somme, 36 000 euros sont investis chaque année pour environ cinq campagnes avec des créateurs de contenu, selon des chiffres communiqués par Somme Tourisme à l'AFP.
Sources
- Franceinfo : Tech
- Hébergements insolites, gastronomie… Ces influenceurs qui vantent les mérites de leur ville
- «Nous constatons une différence immédiate» : les influenceurs sont-ils la poule aux œufs d'or pour les professionnels du tourisme
- Top influenceurs voyage en France en 2026 : guide complet
- Tourisme : les réseaux sociaux, prescripteurs des nouvelles destinations à la mode
- Quel hôtel de luxe règne sur Instagram en France ?
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