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Lycée de Beaugency : enquête pour apologie du terrorisme

Une chanson de rap évoquant Mohamed Merah et le Bataclan a été retirée mercredi de Spotify et Deezer, alors qu'une enquête vise des lycéens l'ayant chantée.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Couloir de lycée vide, smartphone à écran d'onde sonore, écouteurs posés près d'une fenêtre.

Le titre MRH, du rappeur BORO 700, n'est plus disponible sur Spotify ni sur Deezer depuis mercredi 7 octobre. Cette chanson, sortie en juillet dernier, est au cœur de plusieurs enquêtes pour apologie du terrorisme, selon les informations de l'Agence Radio France relayées par Franceinfo.

Le retrait a été décidé par le distributeur du morceau, et non par une décision directe des plateformes. Sur Deezer, la chanson n'était déjà plus mise en avant dans les playlists ni recommandée aux utilisateurs depuis plusieurs mois, à la suite d'une décision interne antérieure à cette suppression.

Trois mineurs en garde à vue dans le Loiret

L'affaire a pris une ampleur judiciaire après la diffusion d'une vidéo tournée le 1er octobre devant le lycée François-Villon de Beaugency, dans le Loiret. On y voit des adolescents, en marge d'un blocus de leur établissement, reprendre en chœur le refrain de la chanson, qui fait référence à Mohamed Merah, auteur des attentats de Toulouse et Montauban en 2012, et à Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible pour son rôle dans les attentats du 13 novembre 2015.

Le parquet d'Orléans a ouvert une enquête préliminaire pour « apologie du terrorisme » et « apologie du terrorisme par un service de communication ». Trois mineurs ont été placés en garde à vue mercredi, a annoncé la procureure de la République Emmanuelle Bochenek-Puren.

« Les infractions visées sont celles d'apologie du terrorisme, en lien avec les paroles d'une chanson reprise jeudi par des lycéens dans l'enceinte d'un établissement scolaire de Beaugency », Emmanuelle Bochenek-Puren, procureure de la République d'Orléans.

"Je suis horrifié" : Antoine Diers s'insurge face à la vidéo de lycéens évoquant Mohamed Merah, RMC

Une église en Vendée, des faits similaires ailleurs

L'épisode de Beaugency n'est pas isolé. À Soullans, en Vendée, un groupe d'adolescents s'est filmé dimanche en train de diffuser le même morceau dans l'église Saint-Hilaire, où des dégradations ont été commises. Le diocèse de Luçon a fermé l'édifice et annoncé une messe de réparation, tandis que la mairie et le diocèse appelaient conjointement à l'apaisement.

Dès le mois d'août, le maire de Nice Éric Ciotti avait saisi la justice, estimant que le rappeur devait être poursuivi pour apologie du terrorisme. Il reprochait au morceau, qui insulte au passage les compagnes de l'élu et de son prédécesseur Christian Estrosi, d'avoir multiplié les références à des terroristes islamistes. Le titre frôlait alors le million d'écoutes, selon Le Figaro.

Un délit sévèrement puni, des précédents judiciaires

L'apologie du terrorisme est un délit prévu par le Code pénal. Elle consiste à présenter favorablement des actes terroristes dans des propos tenus en public, avec des peines alourdies lorsque les faits sont commis en ligne.

IndicateurChiffreSource
Peine encourue pour apologie du terrorisme5 ans de prison et 75 000 € d'amendeService-public.gouv.fr, 2026
Peine si l'infraction est commise sur internet7 ans de prison et 100 000 € d'amendeService-public.gouv.fr, 2026
Écoutes du titre de BORO 700 au moment de la plainte de NiceProche d'un million d'écoutesLe Figaro, 2026
Condamnation de Freeze Corleone pour une chanson comparable15 mois de prison avec sursis et 50 000 € d'amende20 Minutes, avril 2026

Cette dernière condamnation illustre la jurisprudence récente en la matière. Le rappeur Freeze Corleone avait été condamné en avril à Nice pour la chanson « Haaland », où il semblait s'identifier à l'auteur de l'attentat du 14 juillet 2016. Le procureur avait alors rappelé que l'album dont elle était tirée avait enregistré 5,2 millions d'écoutes sur Spotify dans les 24 heures suivant sa sortie.

Spotify affirme de son côté interdire « strictement » les contenus faisant l'apologie du terrorisme ou de l'extrémisme violent, avec des sanctions pouvant aller jusqu'à la suppression du compte du créateur ou la démonétisation du contenu, selon les règles publiées par la plateforme.

Ce que risquent les auteurs de la vidéo

Aucune interpellation n'avait eu lieu au moment de l'ouverture de l'enquête mardi, mais la situation a évolué dès le lendemain avec le placement en garde à vue des trois mineurs. L'enquête devra établir les circonstances exactes de la scène filmée dans l'enceinte du lycée et la diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux.

Le cas s'ajoute à une liste déjà longue de poursuites liées à cette chanson, entre la plainte d'Éric Ciotti à Nice, l'enquête ouverte en Vendée après les faits de Soullans et celle désormais menée dans le Loiret. Le retrait du titre des plateformes de streaming n'a pas mis fin aux investigations judiciaires en cours.

Sources

  1. Franceinfo : Tech
  2. Une chanson, accusée de faire l'apologie du terrorisme et mise en cause dans plusieurs affaires judiciaires, retirée de Spotify et Deezer
  3. Blocus des lycées : près d'Orléans, des lycéens chantent à la gloire de Mohamed Merah et Salah Abdeslam, le parquet ouvre une enquête
  4. Ils chantent un morceau de rap faisant référence à Merah et Abdeslam : des lycéens du Loiret en garde à vue pour apologie du terrorisme
  5. Apologie du terrorisme : 3 mineurs en garde à vue après une vidéo mentionnant Mohamed Merah et la tuerie du Bataclan
  6. Attentat à Nice : Le rappeur Freeze Corleone condamné pour apologie du terrorisme
  7. Apologie du terrorisme - Provocation au terrorisme - Service Public
  8. Notre approche en matière d'extrémisme violent

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