17 articles, un film : les Facebook Files au cinéma
Sorti mercredi 7 octobre, le film d'Aaron Sorkin reconstitue l'enquête qui a révélé les pratiques toxiques de Facebook et l'ambiguïté de Mark Zuckerberg sur la…

Seize ans après "The Social Network", Aaron Sorkin signe une suite officieuse consacrée à ce que Facebook est devenu. "The Social Reckoning", en salles depuis mercredi 7 octobre, reconstitue l'enquête des Facebook Files, une série de 17 articles publiés par le Wall Street Journal en 2021, selon Franceinfo.
Une lanceuse d'alerte et un journaliste novice
Le film suit Jeff Horwitz (Jeremy Allen White), journaliste d'investigation chargé en 2019 d'enquêter sur Facebook alors qu'il ne connaît presque rien à la tech. Il finit par convaincre une ingénieure de l'entreprise, Frances Haugen (Mikey Madison), de devenir sa source. Elle lui transmet des milliers de documents internes prouvant que la direction savait que ses algorithmes amplifiaient la haine et nuisaient à la santé mentale des adolescents, rapporte 20 Minutes.
Le récit, délinéarisé entre 2019, 2020 et 2021, montre aussi Mark Zuckerberg (Jeremy Strong) se préparer à son audition devant le Congrès américain, épaulé par sa stratège en communication. Il s'y pose en défenseur d'une liberté d'expression absolue, sans aucune modération, y compris face aux fausses informations, selon Le Dauphiné et Le Progrès.
« You want to make the world a better place? Don't make the truth up for grabs. Don't be indifferent to the truth. », Aaron Sorkin, réalisateur de "The Social Reckoning".
Un algorithme conçu pour faire réagir
Le film s'attarde sur un moment clé, 2018. L'engagement sur Facebook recule, TikTok émerge. Le groupe modifie alors son algorithme pour privilégier les contenus générant le plus de réactions, et découvre que la colère et le "rage bait" fonctionnent mieux que tout le reste, explique Aaron Sorkin à CBS News.
Franceinfo détaille ce mécanisme, baptisé en interne "interactions sociales significatives" (MSI), qui amplifie de fait la diffusion des messages haineux. Le film montre aussi comment une étude interne sur les effets néfastes d'Instagram chez les adolescentes est restée sans suite, selon Le Matin.
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Articles fondateurs de l'enquête | 17 articles du Wall Street Journal en 2021 | Franceinfo |
| Écart entre les deux films sur Zuckerberg | 16 ans entre "The Social Network" (2010) et "The Social Reckoning" | Le Matin |
| Fortune de Zuckerberg évoquée dans le film | 100 à 120 milliards de dollars | Sud Ouest |
| Durée du film | 1h52 | Franceinfo |
Ce type de contenus manipulés n'est pas propre à la fiction : l'AP-HP a par exemple porté plainte après des deepfakes usurpant un professeur de la Pitié-Salpêtrière diffusés sur le réseau social pour vendre de faux produits. Des comptes ont aussi mis en scène de faux soldats américains générés par IA pour engranger des abonnés.
Du journalisme d'investigation à l'assaut du Capitole
"The Social Reckoning" se referme sur l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021, présenté comme la conséquence directe de la politique de non-modération de Facebook, rebaptisé Meta depuis, rapporte Le Matin. Aaron Sorkin revendique vouloir placer le journalisme d'investigation au centre de son récit, dans la lignée des "Hommes du président" ou de "Spotlight", plutôt que de livrer un simple réquisitoire contre l'entreprise.
Devant le Congrès américain, Frances Haugen avait expliqué les raisons de son choix de parler, une déclaration que le film restitue.
« J'ai décidé de parler parce que je crois que chaque être humain mérite la dignité que procure la vérité. », Frances Haugen, ancienne ingénieure chez Facebook, lanceuse d'alerte.
Le réalisateur refuse de faire de Mark Zuckerberg une simple figure de méchant. Il le présente comme "un antihéros" confronté aux conséquences de ses choix, plutôt que comme un véritable antagoniste, précisent Le Dauphiné et Le Progrès.
« Maybe we can't handle the truth. », Aaron Sorkin, réalisateur de "The Social Reckoning".
Un miroir tendu aux géants de l'intelligence artificielle
Pour Franceinfo, les problèmes posés par les choix stratégiques du patron de Facebook rejoignent ceux que posent aujourd'hui Sam Altman et Dario Amodei, dirigeants d'OpenAI et d'Anthropic, ou Elon Musk, investi dans l'intelligence artificielle et l'espace. Ces dirigeants alertent eux-mêmes depuis plusieurs semaines sur la dangerosité de leurs propres technologies.
D'autres usages de l'intelligence artificielle interrogent aussi la société civile, loin des polémiques algorithmiques, comme des bénévoles qui animent par IA des photos de défunts pour des familles endeuillées. "The Social Reckoning" rappelle, selon Franceinfo, que ni les États ni les utilisateurs ne peuvent se fier aveuglément aux patrons de la tech pour encadrer ces nouveaux outils.
Sources
- Franceinfo : Tech
- "The Social Reckoning" : Aaron Sorkin livre un film saisissant sur le fonctionnement de Facebook et l'approche discutable de la liberté d'expression par son patron Mark Zuckerberg
- Sortie ciné. The Social Reckoning d'Aaron Sorkin : un thriller glaçant sur les « Facebook Files »
- « The Social Reckoning », d'Aaron Sorkin, plongée dans les effets toxiques de Facebook et d'Instagram
- Aaron Sorkin on "The Social Reckoning": "Maybe we can't handle the truth"
- Cinéma: Aaron Sorkin dénonce Facebook dans "The Social Reckoning"
- The Social Reckoning : Aaron Sorkin règle ses comptes avec Facebook au cinéma
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- Comment Facebook est devenue une machine à haine
- On a vu le film « The Social Reckoning » : Aaron Sorkin face aux démons de Facebook
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