Séoul, Yamato : des villes testent capteurs et interdictions
Des villes d'Asie testent feux au sol, interdictions et voies séparées pour limiter les accidents de piétons absorbés par leur smartphone.

Marcher en téléphonant est devenu un risque identifié dans plusieurs villes d'Asie. À Séoul, au Japon et en Chine, des dispositifs variés tentent depuis quelques années de réduire les collisions et les chutes liées à l'usage du smartphone en marchant.
Des feux au sol pour réveiller les piétons distraits
À Séoul, des bandes lumineuses installées sur la chaussée avertissent les piétons qui gardent les yeux rivés sur leur écran. Le principe est simple : des diodes rouges, jaunes ou bleues clignotent au sol pour capter le regard, même baissé, et signaler l'arrivée d'un véhicule.
Dans la ville d'Ilsan, en Corée du Sud, un système plus complet combine capteurs radar, caméras thermiques et laser projeté depuis les lampadaires, selon le Straits Times. Une alerte est même envoyée directement sur le téléphone du piéton pour le prévenir qu'il s'apprête à traverser dangereusement.
Le Japon choisit l'interdiction pure
Le Japon a opté pour une approche plus radicale. La ville de Yamato a mis en place une réglementation qui interdit de marcher en fixant son écran, tout en tolérant l'usage du téléphone à l'arrêt ou pour passer un appel.
"C'est tout à fait possible de passer un appel en marchant, ce qui est interdit, c'est de marcher et de fixer son écran", résume le principe retenu par la municipalité, rapporté par franceinfo. La ville ne prévoit aucune amende pour les contrevenants, misant sur la pédagogie plutôt que sur la sanction.
« En 2020, 12 % des passants marchent en regardant leur portable, aujourd'hui, c'est deux fois moins », Naonori Osada, responsable de la sécurité à la mairie de Yamato.
Les effets se mesurent dans la durée. Depuis l'entrée en vigueur de la mesure, le nombre de collisions n'a pas augmenté, et les comportements ont évolué dans le bon sens.
« C'est bien la preuve que cette mesure a servi à quelque chose », Naonori Osada, responsable de la sécurité à la mairie de Yamato.
Un sondage mené en 2019 auprès de 562 utilisateurs japonais de smartphones, cité par la BBC, montrait déjà l'ampleur du problème : 13,2 % des personnes interrogées disaient avoir déjà percuté quelqu'un en marchant avec leur téléphone, et 9,5 % avoir été blessées pour cette raison.
En Chine, l'expérience des voies séparées a échoué
Chongqing, grande ville du sud-ouest de la Chine, avait tenté une autre solution dès 2014 : diviser un trottoir très fréquenté en deux voies, l'une réservée aux piétons qui utilisent leur téléphone, l'autre aux marcheurs attentifs. Le tronçon mesurait 50 mètres de long pour 3 mètres de large.
L'expérience n'a duré que quelques mois. Personne ne respectait le partage des voies, et le dispositif a finalement été abandonné faute d'efficacité, selon franceinfo. Une initiative similaire avait aussi été testée à Xi'an, près d'un centre commercial, sans davantage de succès durable.
Un enjeu de sécurité routière à grande échelle
L'Organisation mondiale de la santé estimait, dans une enquête relayée par le New York Times, qu'environ 68 000 piétons meurent chaque année en Chine dans des accidents de la route, une part importante étant liée à l'inattention. La marche en téléphonant y est devenue un sujet de santé publique à part entière.
Les résultats obtenus par les dispositifs lumineux semblent plus encourageants que les séparations physiques. Selon franceinfo, les villes qui ont installé des feux au sol constatent une baisse mesurable des accidents, en particulier la nuit, lorsque l'éclairage au sol reste plus visible qu'un simple panneau.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Baisse des accidents nocturnes liés aux feux au sol | -25 % | Franceinfo, octobre 2026 |
| Piétons japonais conscients du danger de l'aruki-sumaho | 96,6 % | BBC News Corée, 2020 |
| Piétons utilisant leur smartphone en marchant à Yamato (2020 à aujourd'hui) | de 12 % à environ 6 % | Franceinfo, octobre 2026 |
| Décès de piétons estimés chaque année en Chine | 68 000 | New York Times, 2018 |
| Coût d'un dispositif lumineux par passage piéton à Ilsan | 15 millions de wons | The Straits Times, 2019 |
D'autres villes asiatiques ont expérimenté des variantes. À Hong Kong, des feux rouges sont projetés directement sur les bordures de trottoir quand le passage piéton est interdit. En Thaïlande, l'université Kasetsart de Bangkok avait ouvert dès 2015 un trottoir de 500 mètres divisé en deux pour séparer les utilisateurs de smartphone des autres marcheurs.
Aucune de ces solutions ne fait consensus. Les voies séparées, comme celle testée à Chongqing, se heurtent au non-respect des règles par les piétons eux-mêmes. Les dispositifs lumineux, moins coercitifs, semblent pour l'instant donner de meilleurs résultats sur la durée, tandis que l'interdiction pure, comme à Yamato, repose essentiellement sur l'évolution volontaire des comportements.
Sources
- Franceinfo : Tech
- Marcher en téléphonant, des villes d'Asie s'adaptent au danger
- "Zombies" du téléphone portable : comment les pays asiatiques tentent de limiter les accidents des piétons rivés sur leur smartphone
- 보행중 스마트폰 사용을 금지한 일본의 도시
- For Chinese Pedestrians Glued to Their Phones, a Middle Path Emerges
- How six cities tackle smartphone zombies
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