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Cybercriminalité : un site de lookup fermé, trois ados jugés

Le parquet de Paris a annoncé vendredi la fermeture des sites Reacher et Stryx.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Ordinateur portable fermé, menottes et dossier cartonné sur un bureau.

La lutte contre les fuites de données personnelles franchit une étape en France. Le parquet de Paris a annoncé ce vendredi 9 octobre 2026 la fermeture de deux plateformes, Reacher et Stryx, qui agrégeaient des données issues de piratages. Ce site de lookup, comme on appelle ces moteurs de recherche illégaux alimentés par des bases volées, permettait de retrouver une personne à partir de son nom, de son numéro de téléphone, de son IBAN ou de sa plaque d'immatriculation.

Trois adolescents devant le tribunal pour enfants

Trois mineurs de 17 ans, inconnus de la justice jusqu'ici, sont soupçonnés d'avoir administré le service. Ils devront répondre de recel d'extraction frauduleuse de données et de détention et transmission frauduleuse de données, en bande organisée, selon le communiqué du parquet. Ils encourent dix ans d'emprisonnement et seront convoqués en janvier devant le tribunal pour enfants de Paris.

L'opération a été déclenchée mardi 6 octobre par la section cybercriminalité du parquet et l'Office anti-cybercriminalité (OFAC). Les interpellations et la mise hors ligne des sites sont intervenues le lendemain. Le patron de l'OFAC, Nicolas Guidoux, a détaillé l'opération dans un post LinkedIn.

Un site créé en mars, rebaptisé en juin

Le site avait été créé en mars 2026 sous le nom de Reacher, avant d'être rebaptisé Stryx (ou Stryxx selon les sources) en juin. Il fonctionnait gratuitement ou sur abonnement et revendiquait 730 millions de lignes de données indexées, avec plus de 3 millions de requêtes effectuées par ses utilisateurs. L'enquête avait été ouverte le 15 mai, après un signalement de l'association e-Enfance, spécialisée dans la protection des mineurs en ligne.

« Ce démantèlement est le premier en France pour une plateforme spécialisée dans l'organisation, la compilation et la revente de données », a souligné Nicolas Guidoux.

« Ce démantèlement est le premier en France pour une plateforme spécialisée dans l'organisation, la compilation et la revente de données », Nicolas Guidoux, chef de l'Office anti-cybercriminalité (OFAC).

Des enquêtes en série depuis l'été

Ce dossier n'est pas isolé. En mai, un jeune homme de 19 ans avait déjà été mis en examen et placé en détention provisoire pour un autre site de lookup, baptisé « C3N Backup ». Plus récemment, le site Brixhub avait suscité des réactions sur les réseaux sociaux et poussé la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, à saisir la justice le 5 octobre, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, contre un autre service du même genre.

Entre février et octobre 2026, la section cybercriminalité du parquet de Paris a ouvert une dizaine d'enquêtes pénales sur des sites d'agrégation de données volées, selon le parquet lui-même. Le dossier Reacher/Stryx constitue la deuxième affaire à donner lieu à des poursuites pénales, après celle visant C3N Backup.

Ce que risquent les acteurs de la chaîne

Les opérateurs de lookups illégaux risquent jusqu'à dix ans d'emprisonnement et un million d'euros d'amende, pour plusieurs infractions prévues par le code pénal. Les utilisateurs eux-mêmes ne sont pas à l'abri : détenir ou exploiter ces données en connaissance de leur origine peut relever du recel, puni de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende.

IndicateurChiffreSource
Lignes de données indexées revendiquées730 millions20 Minutes, 9 octobre 2026
Requêtes effectuées sur la plateforme3,1 millions20 Minutes, 9 octobre 2026
Peine encourue par les administrateurs10 ans d'emprisonnementSud Ouest, 9 octobre 2026
Enquêtes ouvertes par le parquet de Paris (fév. à oct. 2026)une dizaineSud Ouest, 9 octobre 2026
Peine encourue pour recel de données5 ans et 375 000 euros d'amendefranceinfo, 21 août 2026

L'OFAC précise que les données relatives aux administrateurs, aux clients et aux utilisateurs du service ont été collectées et sont en cours d'analyse par les enquêteurs. Un visuel affiché sur la page d'accueil du site, désormais hors ligne, en informe les visiteurs. La création, l'administration et l'utilisation de ces moteurs de recherche restent illégales dans l'Union européenne tant qu'ils s'appuient sur des données obtenues de manière illicite, rappelle le parquet.

Sources

  1. 20 Minutes : High-Tech
  2. Cybercriminalité : une plateforme de revente de données volées démantelée
  3. French police arrest three 17-year-olds suspected of running stolen data websites
  4. La police démantèle un "lookup", un moteur de recherche illicite qui revend des données personnelles volées
  5. Un site de "lookup" démantelé en France
  6. Enquête franceinfo : plongée dans la nébuleuse des lookups

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