IA : l'impact environnemental multiplié par sept d'ici 2030
Un rapport de l'association Green IT, publié mercredi, prévoit que l'empreinte environnementale et sanitaire de l'IA sera sept fois plus lourde en 2030 qu'en…

L'association Green IT, qui milite pour une technologie plus raisonnable, a publié mercredi 30 septembre un rapport intitulé « Impacts environnementaux de l'intelligence artificielle dans le monde ». Selon ce document, révélé par Franceinfo et présenté au salon Produrable à Paris, l'impact environnemental de l'IA va connaître une croissance jugée « insoutenable » d'ici la fin de la décennie.
Un rythme jugé insoutenable par les auteurs
Le rapport, qui succède à une première édition publiée en 2025, évalue pour la première fois les impacts environnementaux et sanitaires de l'IA dans le monde, à partir d'une analyse du cycle de vie de 13 millions de serveurs recensés en 2025. Ce nombre devrait passer à 25 millions en 2030, selon Green IT.
L'étude s'appuie sur des méthodes standards, dont l'analyse du cycle de vie multicritères de l'ISO et le référentiel de l'Ademe. Elle identifie quatre crises environnementales et sanitaires majeures liées à l'IA : le réchauffement climatique, l'eutrophisation des milieux aquatiques, l'épuisement des ressources abiotiques et les émissions de particules fines.
Des datacenters toujours plus gourmands
La construction et le fonctionnement des centres de données concentrent l'essentiel de l'impact environnemental de l'IA. Ces infrastructures occupaient une surface totale de 3,5 millions de mètres carrés dans le monde en 2025. Elles devraient atteindre 22,5 millions de mètres carrés en 2030, soit entre quatre et cinq fois plus, selon les projections rapportées par Franceinfo.
La puissance informatique allouée à l'IA doit elle aussi bondir, de 24 à 176 gigawatts entre 2025 et 2030, l'équivalent de 42 % de la capacité nucléaire mondiale actuelle. Cette hausse s'explique notamment par le doublement du nombre de processeurs graphiques (GPU) et par le triplement de leur puissance moyenne, qui passerait d'environ 700 à 2 000 watts.
La production d'électricité nécessaire à ces infrastructures est responsable de jusqu'à 96 % de leurs impacts, selon l'étude. La fabrication des équipements pèse quant à elle jusqu'à 45 % de l'épuisement des ressources abiotiques, comme les métaux rares.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Surface mondiale des datacenters IA, 2025 | 3,5 millions de m² | Franceinfo, 30 septembre 2026 |
| Surface mondiale des datacenters IA, 2030 (projection) | 22,5 millions de m² | Franceinfo, 30 septembre 2026 |
| Émissions de GES de l'IA, 2025 | 41 millions de tonnes de CO2 | Les Numériques, octobre 2025 |
| Émissions de GES de l'IA, 2030 (projection) | jusqu'à 636 millions de tonnes de CO2 | MSN, 30 septembre 2026 |
| Consommation d'eau de l'IA, 2030 (projection) | 218 milliards de m³ | MSN, 30 septembre 2026 |
| Décès prématurés liés aux particules fines en France, tous secteurs confondus | 40 000 par an | Franceinfo / Santé Publique France, 30 septembre 2026 |
Des conséquences sanitaires déjà chiffrées
Au-delà du climat, Green IT met en avant un volet sanitaire. Les particules fines émises par la production d'électricité et la fabrication des serveurs causent déjà, toutes sources confondues, 40 000 morts chaque année en France, un chiffre attribué à Santé Publique France dans le rapport.
« On retrouve aussi ce qu'on appelle les particules fines, donc l'émission de particules fines, qui, en France, toutes sources confondues, représente 40 000 morts chaque année », Auban Derreumaux, coauteur du rapport Green IT.
D'après l'association, l'IA pourrait contribuer au risque de 20 000 maladies supplémentaires susceptibles de conduire jusqu'au décès. Rapportée à un individu, l'empreinte de l'IA représentera 16 % de son budget annuel soutenable en 2030, contre une part bien plus faible aujourd'hui, selon les calculs de Green IT relayés par BFMTV.
Green IT appelle les pouvoirs publics à réagir
L'association demande aux pouvoirs publics de contenir l'expansion des géants de l'IA, qui imposeraient selon elle leurs offres même en l'absence de besoins réels. Elle réclame également des critères écologiques obligatoires dès la conception des services d'IA, ainsi qu'un système de bonus-malus pour valoriser les industries les plus vertueuses.
« Il faut construire un numérique qui soit plus durable, que ce soit d'un point de vue environnemental ou pour construire une société qui soit souhaitable pour chacun d'entre nous », Laure Alfonsi, coauteure de l'étude Green IT.
Le rapport invite aussi les particuliers et les entreprises à limiter leur recours à l'IA lorsque ce n'est pas nécessaire, à privilégier les moteurs de recherche qui n'imposent pas de réponse générée par intelligence artificielle, et à raccourcir les conversations avec les agents conversationnels. Cette publication intervient un peu plus d'une semaine après un rapport parlementaire français plutôt favorable à la construction de nouveaux centres de données sur le territoire.
Sources
- Franceinfo : Tech
- BFMTV : Tech
- L'impact de l'IA sur l'environnement et la santé va exploser d'ici 2030, selon une association
- D'ici 2030, l'impact environnemental de l'IA pourrait être multiplié par 7
- Environnement : l'IA franchit les limites planétaires et menace la santé publique
- Pourquoi l'IA risque de ruiner les budgets environnementaux
- L'impact environnemental des IA est similaire à celui d'un pays comme le Danemark
- L'IA émettra six fois plus de CO₂ en 2030 qu'en 2025, selon l'étude d'un collectif d'experts
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