Super intelligence : 2 femmes sur 31 convives à la Maison Blanche
Donald Trump a réuni les patrons de la tech le 29 septembre à la Maison Blanche.

Le 29 septembre 2026, Donald Trump a convié à la Maison Blanche le gratin de la tech américaine, comme pour sceller symboliquement l'avènement de la super intelligence. Elon Musk, Dario Amodei, Sundar Pichai, Mark Zuckerberg, Jensen Huang, Lisa Su, Tim Cook et Jeff Bezos comptaient parmi les invités de ce dîner organisé à l'initiative des républicains du Sénat.
Sur les 31 personnes présentes, deux seulement étaient des femmes : Susie Wiles, directrice de cabinet du président, et Lisa Su, patronne d'AMD. Ce soir-là, le président américain a présenté ce que certains médias décrivent déjà comme une sorte de constitution de l'intelligence artificielle, tout en signant un décret qui rebaptise la technologie « super intelligence », abrégée SI.
Un nouveau nom pour l'administration américaine
Le décret, titré « Inaugurating The Era Of Super Intelligence », impose ce terme dans toute la correspondance officielle de la Maison Blanche et des agences fédérales, leurs rapports, leurs sites web et leurs communications. Le mot « intelligence artificielle » disparaît des documents publics de l'exécutif. Selon le texte, ces capacités représentent désormais « non seulement l'intelligence artificielle, mais une nouvelle ère de super-intelligence ».
Jensen Huang, le patron de Nvidia, qui parlait jusque là d'« usines à IA » pour désigner les centres de données, a annoncé qu'il faudrait désormais parler d'« usines à super intelligence ». Le changement de vocabulaire intervient alors que Washington cherche à garder l'avantage face à Pékin, un enjeu déjà abordé lors du sommet entre Trump et Xi Jinping.
Quatre niveaux de contrôle, mais pas de loi
Au lieu d'une régulation confiée à l'administration, Donald Trump a obtenu des grands groupes qu'ils signent un accord volontaire, le « White House Accord on Super Intelligence ». Six dirigeants l'ont paraphé aux côtés du président : Sundar Pichai, Elon Musk, Dario Amodei, Mark Zuckerberg, Greg Brockman (OpenAI) et Jensen Huang.
Le texte, qui tient en deux pages, prévoit quatre niveaux de contrôle : des « contrôles internes robustes » sur les comportements des modèles dans des domaines comme la cybersécurité ou les menaces chimiques, la création d'équipes internes dédiées, le recours à des évaluations externes, et la désignation de comités indépendants au plus haut niveau hiérarchique des entreprises. Les signataires s'engagent aussi à se réunir régulièrement pour établir des normes communes. Le document précise qu'« avec le temps, il peut être pertinent de codifier ces étapes sous forme de lois ou de régulations », sans fixer d'échéance.
Mark Zuckerberg a détaillé un système où chaque entreprise noterait les autres, afin de repérer plus vite les dérives. Un principe qui reste entièrement déclaratif, sans sanction prévue en cas de manquement.
Une opinion américaine de plus en plus sceptique
Le calendrier de cette réunion n'a rien d'anodin. Un sondage publié le même jour par CNN montre que 82 % des Américains se disent inquiets du rythme de développement de l'intelligence artificielle. Un autre sondage, celui de l'université Quinnipiac réalisé entre le 24 et le 27 septembre, donne à Donald Trump seulement 25 % d'opinions favorables sur sa gestion du dossier IA, contre 58 % de désapprobation.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Américains inquiets du développement de l'IA | 82 % | Sondage CNN, septembre 2026 |
| Approbation de la gestion de l'IA par Trump | 25 % (58 % de désapprobation) | Sondage Quinnipiac University, septembre 2026 |
| Convives à la réunion de la Maison Blanche | 31 personnes | La Presse, 29 septembre 2026 |
| Niveaux de contrôle prévus par l'accord | 4 | Boursorama, 30 septembre 2026 |
« cette technologie a de vrais risques », Dario Amodei, PDG d'Anthropic.
La veille de la réunion, OpenAI avait annulé la sortie d'un modèle jugé trop incontrôlable pour être distribué. L'affaire a nourri les inquiétudes exprimées par Dario Amodei, qui avait appelé mi-septembre à ralentir la cadence du secteur, une sortie soutenue par Sam Altman, Demis Hassabis et Satya Nadella. À l'inverse, Jensen Huang et Mark Zuckerberg reprochent à ces entreprises de vouloir se défausser de leurs responsabilités.
Des élus divisés sur la suite
Mike Johnson, chef de file des républicains à la Chambre des représentants et à l'origine de la réunion, a plaidé sur CNBC pour « le bon équilibre » entre sécurité et leadership américain. John Thune, chef de la majorité républicaine au Sénat, prône une « touche légère » de régulation.
« Il faut au moins avoir un plan et des garde-fous », John Thune, chef de la majorité républicaine au Sénat.
Du côté démocrate, le sénateur Mark Warner s'est montré plus sévère face au changement de nom voulu par la Maison Blanche.
« Changer le nom de l'intelligence artificielle ne fait rien pour répondre aux risques très concrets liés à des systèmes d'IA toujours plus puissants », Mark Warner, sénateur démocrate.
Ce débat intervient à un peu plus d'un mois des élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre, où l'implantation de centres de données jugés bruyants et énergivores est devenue un sujet de campagne. La question des incidents liés à l'IA dépasse désormais les frontières américaines, comme le montre le canal de communication ouvert entre Washington et Pékin sur ce sujet.
Sources
- BFMTV : Tech
- Trump plaide pour « l'auto-régulation » en recevant les grands patrons de l'IA
- VIDÉO. Donald Trump rebaptise l'IA en Super intelligence, les patrons de la tech promettent de s'auto-réguler
- IA et Big Tech : Donald Trump impose l'auto-régulation, la surveillance attendra
- Trump plaide pour l'auto-régulation en recevant les grands patrons de l'IA
- Sous l'oeil de Trump, les patrons de l'IA promettent de s'auto-réguler
- Trump says AI renamed Super Intelligence as polls sink
- États-Unis : Donald Trump réunit les grands noms de l'IA à la Maison Blanche
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