Roman exclu du Prix Goncourt : plagiat et IA en cause
L'Académie Goncourt a exclu vendredi le roman de Thélyson Orélien, soupçonné d'avoir été écrit avec l'IA et visé par des accusations de plagiat.

L'Académie Goncourt a annoncé vendredi 25 septembre la suppression de « C'était ça ou mourir », du romancier canado-haïtien Thélyson Orélien, de la liste des seize œuvres présélectionnées pour le Prix Goncourt. Le prix sera décerné le 4 novembre.
Une décision qui mélange plagiat et soupçon d'IA
Dans un communiqué, l'Académie justifie son choix par « la volonté de préserver l'intégrité du prix Goncourt » et rappelle que son rôle central consiste à « promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes ». Elle invoque à la fois des plagiats révélés dans d'anciens textes de l'auteur et des analyses qu'elle juge convergentes sur le roman lui-même.
« selon toute vraisemblance, très largement le produit d'une Intelligence Artificielle », L'Académie Goncourt, institution littéraire.
L'institution reconnaît elle-même l'incertitude de son diagnostic en parlant de « toute vraisemblance ». Elle entend néanmoins adresser, selon ses mots, « un message clair » aux participants du Goncourt des Lycéens, du Goncourt des Détenus et des cinquante Choix Goncourt de l'étranger, affirmant qu'elle ne « cautionne ni n'adoube » la création de textes générés par IA.
Une accusation partie d'un compte anonyme
La polémique remonte au lundi 21 septembre. Le compte X « Balance ton Claude », alors confidentiel, publie une analyse réalisée avec le logiciel américain Pangram sur des extraits du roman, prix du roman Fnac. Selon ce compte, les vingt passages testés ressortiraient comme intégralement générés par une intelligence artificielle.
L'écrivain Thélyson Orélien, l'un des favoris du Prix Goncourt, a-t-il utilisé l'intelligence artificielle pour écrire son roman « C'était ça ou mourir », un succès de la rentrée littéraire 2026 ? 📖🤔 Frédéric Beigbeder réagit à cette polémique sur #RTL 🎙️ pic.twitter.com/KuqjpgqsL6
RTL France sur X
Entre le 22 et le 23 septembre, d'autres internautes font émerger de nouvelles accusations, cette fois de plagiat, visant notamment une nouvelle de l'auteur récompensée en 2012 par Radio-Canada et jugée trop proche d'un extrait du « Matin des magiciens », de Louis Pauwels et Jacques Bergier. Ces accusations sont confirmées par plusieurs médias, dont Radio-Canada. Le jeudi 24 septembre, Le Figaro révèle que le compte anonyme est administré par Samuel Fitoussi, chroniqueur au journal.
Thélyson Orélien, 38 ans, s'est défendu dans Libération.
« J'ai toujours aimé la création et l'écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine », Thélyson Orélien, écrivain.
Il a précisé constituer, avec ses éditeurs, un dossier destiné à prouver la paternité du texte.
L'éditeur dénonce une « campagne de haine »
Son éditeur, Grasset, a dénoncé une « campagne de haine » selon Radio France, estimant que les accusations « blessent affreusement l'écrivain au parcours exceptionnel ».
« blessent affreusement l'écrivain au parcours exceptionnel », Grasset, maison d'édition.
La maison a réaffirmé sa « confiance absolue » dans le travail de l'auteur, mené depuis vingt ans. Le président de l'Académie, Philippe Claudel, avait pourtant appelé à la prudence avant le retrait, s'interrogeant sur le timing de ces accusations et demandant à « vérifier avec certitude les techniques utilisées, la fiabilité des logiciels de détection d'IA ».
Un débat qui dépasse le seul cas Orélien
Avant la présélection écartée, le roman s'était déjà vendu à plus de 35 000 exemplaires selon TF1 Info, et figurait aussi dans les sélections du Médicis et du Fémina. L'affaire est présentée par l'AFP comme la première crise de l'édition française liée à l'intelligence artificielle, forçant la profession à débattre de la place de cette technologie dans la création littéraire.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Ventes du roman avant la polémique | plus de 35 000 exemplaires | TF1 Info, 23 septembre 2026 |
| Abonnés du compte accusateur au départ | une centaine | NextINpact, 25 septembre 2026 |
| Passages du roman analysés par Pangram | 20 passages | NextINpact, 25 septembre 2026 |
| Date de la deuxième sélection Goncourt | 6 octobre 2026 | NextINpact, 25 septembre 2026 |
| Date de remise du Prix Goncourt | 4 novembre 2026 | NextINpact, 25 septembre 2026 |
L'Académie Goncourt a indiqué qu'elle ne ferait pas d'autre commentaire sur ce dossier. Sa deuxième sélection, resserrée, doit être rendue publique le 6 octobre, sans le roman de Thélyson Orélien.
Sources
- NextINpact
- IA et plagiat : Thélyson Orélien exclu du Prix Goncourt
- Thélyson Orélien, le phénomène de la rentrée littéraire, est écarté du Goncourt
- Révélation ou racisme ? Le président du Goncourt s'interroge sur le timing des attaques
- Philippe Claudel, président du Goncourt : le problème de l'IA va immanquablement se poser
- Grasset condamne fermement tout propos malveillant à l'égard de Thélyson Orélien
- Avec l'affaire Orélien, l'édition française face à sa première crise liée à l'IA
- Le best-seller de Thélyson Orélien écrit avec l'IA ? Le président de l'Académie Goncourt appelle à la prudence
- Le Prix Goncourt exclut un roman soupçonné d'avoir été généré par l'IA
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