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16 pays latino-américains testent les notes de la communauté

Meta a lancé mercredi un test des « notes de la communauté » dans 16 pays hispanophones d'Amérique latine.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecturemis à jour le 19 septembre 2026 à 15:07
Carte d'Amérique latine avec seize repères et une bulle de commentaire vide.

Le groupe californien a annoncé mercredi 9 septembre le lancement en phase de test de son dispositif de « notes de la communauté » dans seize pays d'Amérique latine : Argentine, Bolivie, Chili, Colombie, Costa Rica, Equateur, Salvador, Guatemala, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Uruguay et Venezuela. Le Brésil, premier marché de Meta dans la région, n'a pas été inclus.

Concrètement, des utilisateurs référencés pourront s'inscrire pour rédiger des précisions ou du contexte sous des publications jugées trompeuses sur Facebook, Instagram et Threads. Une note n'est publiée que si des contributeurs aux points de vue habituellement opposés la jugent utile l'un et l'autre, sur le modèle de l'algorithme utilisé par X, le réseau social d'Elon Musk.

Pendant cette phase pilote, les contributions resteront invisibles au public, et le programme de vérification indépendante, en place depuis 2016 dans la région, continue en parallèle. Meta n'a donné aucun calendrier pour la suite, indiquant seulement qu'un déploiement complet interviendrait si les résultats du test la convainquent.

Le même chemin qu'aux Etats-Unis

L'initiative intervient un peu moins de deux ans après la transition opérée par Meta aux Etats-Unis, où le fact-checking a été abandonné en janvier 2025 au profit des notes de la communauté, quelques jours avant l'investiture de Donald Trump. Selon Le Monde, plus de 1,4 million de contributeurs participent désormais à ce dispositif outre-Atlantique.

Ce volume de participation a fortement progressé : d'après France 24, citant l'AFP, le dispositif américain ne comptait l'an dernier que 70 000 contributeurs, pour 15 000 notes rédigées, dont seulement 6 % avaient été publiées. Meta assure aujourd'hui que le nombre de messages produits a dépassé celui des fact-checkers indépendants et qu'ils « apparaissent souvent plus rapidement ».

Un programme de huit ans remis en question

En Amérique latine, l'Agence France-Presse fait partie des organisations rémunérées par Meta depuis 2016 pour vérifier les contenus circulant sur ses plateformes. Phil Chetwynd, directeur de l'information de l'AFP, a salué « un travail remarquable durant les huit dernières années » pour améliorer la qualité de l'écosystème informationnel régional.

« Le fact-checking et les notes de la communauté doivent aller de pair. Ce qui compte, c'est la qualité des notes, pas leur quantité. », Phil Chetwynd, directeur de l'information de l'AFP.

Angie Holan, directrice du Réseau international de vérification des faits (IFCN), dont l'AFP est membre, s'est dite « profondément inquiète » de l'annonce de Meta.

« Les notes de la communauté seules ne sont tout simplement pas adéquates quand il s'agit de réduire l'impact de la désinformation sur les réseaux sociaux », Angie Holan, directrice du Réseau international de vérification des faits.

Le conseil de surveillance et 47 organisations s'y opposent

Le conseil de surveillance de Meta, organisme quasi indépendant financé par l'entreprise pour examiner ses décisions de modération, a demandé au groupe de ne pas abandonner le fact-checking. Il estime que les deux dispositifs répondent à des objectifs distincts et que les notes de la communauté pourraient se révéler contre-productives dans des régimes répressifs ou des pays très polarisés.

« Nous exhortons Meta à ne pas considérer les notes de la communauté comme un substitut direct à la vérification des faits, et à utiliser tous les outils les mieux adaptés pour lutter contre la désinformation sur ses plateformes », Conseil de surveillance de Meta.

Un réseau regroupant 47 organisations de vérification en Amérique latine, LatamChequea, a lui aussi demandé à Meta de ne pas remplacer le fact-checking indépendant, tout en admettant que les notes pourraient constituer « une contribution précieuse » si elles restent un complément. Le test intervient alors que plusieurs pays de la région, du Pérou à la Colombie en passant par le Costa Rica, le Chili et l'Argentine, ont récemment porté au pouvoir des dirigeants populistes qui utilisent intensément les réseaux sociaux pour diffuser leur propagande.

Les chiffres du dispositif

IndicateurChiffreSource
Pays concernés par le test16 pays hispanophonesFrance 24 (AFP), 9 septembre 2026
Contributeurs aux Etats-Unisplus de 1,4 millionLe Monde, 9 septembre 2026
Notes produites aux Etats-Unis (dernier bilan)15 000 notes, dont 6 % publiéesFrance 24 (AFP), septembre 2026
Réseau de fact-checkeurs latino-américains47 organisationsLe Figaro, 10 septembre 2026
Ancienneté du fact-checking de Meta en Amérique latineprogramme lancé en 2016Clubic, 12 septembre 2026

Pour devenir contributeur des notes de la communauté, un internaute doit être âgé d'au moins 18 ans, disposer d'un compte ouvert depuis plus de six mois sans infraction répétée aux règles de Meta, et avoir vérifié son numéro de téléphone ou activé la double authentification.

Sources

  1. Le Monde : Pixels (tech)
  2. Meta tests fact-check replacement in Latin America
  3. Meta: le conseil de surveillance demande de ne pas remplacer le fact-checking par les notes de contexte
  4. Meta avance vers la fin du fact-checking, malgré les mises en garde de son propre conseil
  5. Le réseau latino-américain des fact-checkeurs enjoint Meta de ne pas les remplacer par les notes des internautes
  6. Meta teste les Community Notes en Amérique latine, les fact-checkers craignent pour leur avenir
  7. El Consejo de Supervisión de Meta pide no reemplazar la verificación por Notas de la comunidad en América Latina
  8. Meta étend les « notes de la communauté » en Amérique latine

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