Actu Allo360
En continu

132 organisations s'opposent à l'interdiction aux mineurs

Plus de 130 associations et experts demandent à Ursula von der Leyen de renoncer à interdire les réseaux sociaux aux mineurs.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecturemis à jour le 19 septembre 2026 à 15:06
Smartphone éteint sur un bureau d'écolier, entouré de cahiers et fournitures.

Plus de 130 associations et experts se mobilisent auprès de la présidente de la Commission européenne pour demander une régulation plus stricte des réseaux sociaux plutôt qu'une interdiction aux mineurs. La lettre, connue de l'AFP depuis le 8 septembre, intervient peu avant le discours de rentrée d'Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, prévu mercredi 16 septembre, où devrait être annoncée une restriction d'accès en dessous d'un certain âge.

Une lettre de 132 organisations à Bruxelles

Les signataires, au nombre de 132, regroupent des militants des droits de l'enfant, des défenseurs des libertés en ligne, des universitaires et des organisations dédiées à la santé mentale. Parmi eux figurent 5Rights, e-Enfance, Amnesty International ou Mental Health Europe. Selon eux, une interdiction stricte « ferait porter le fardeau de la sécurité en ligne aux parents ou aux enfants », tout en exonérant les plateformes de leur propre responsabilité.

Ils réclament à la place « des restrictions liées à l'âge proportionnées, et accompagnées de solides mesures de sécurité ». Cette approche, disent-ils, offrirait aux plus jeunes « un environnement en ligne qui les protège et les renforce », sans les couper des activités et des liens sociaux que permettent ces plateformes.

« Les Européens en ont assez que les entreprises de la tech exploitent nos enfants, mais nous attendons de nos dirigeants mieux qu'une interdiction à la va-vite », Leanda Barrington-Leach, directrice de la fondation 5Rights.

Le précédent français, une loi censurée le 14 août

La France a déjà tenté l'expérience. Le Parlement avait adopté, le 21 juillet, par 279 voix contre 81, une proposition de loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux avant 15 ans, promesse de fin de mandat d'Emmanuel Macron. Le Conseil constitutionnel a censuré le dispositif le 14 août, jugeant qu'il portait « une atteinte disproportionnée » à la liberté d'expression et de communication, selon franceinfo.

Les Sages ont pointé deux failles : l'interdiction ne tenait pas compte de l'âge, de la situation familiale ou du degré de maturité du mineur, et le système de vérification d'âge prévu risquait d'exposer la vie privée de tous les utilisateurs, majeurs compris, faute de garanties légales suffisantes.

Ce que disent les chiffres

Le débat s'appuie sur des données précises, publiées par l'Arcom et reprises par Le Monde. Avant 15 ans, la loi française voulait fermer l'accès à des usages déjà massifs chez les plus jeunes.

IndicateurChiffreSource
Signataires de la lettre à von der Leyen132 associations et experts20 Minutes, 8 septembre 2026
Vote de la loi française au Parlement279 voix contre 81franceinfo, 21 juillet 2026
Utilisation des réseaux avant 13 ans62 % des mineursArcom, citée par Le Monde
Utilisation des réseaux après 13 ans80 % des mineursArcom, citée par Le Monde
Adolescents sur écran 2 à 5 h par jour42 % des 12-17 ansCredoc 2025, cité par Le Monde

Vers un nouveau texte, cette fois européen

Après la censure du Conseil constitutionnel, le gouvernement français a soumis une nouvelle version de sa proposition à Bruxelles. La France plaide désormais pour une limite fixée à 15 ans au niveau européen, une approche par paliers d'accès selon l'âge déjà évoquée pour les 3-15 ans, tandis que des experts consultés en juillet avaient recommandé un seuil de 13 ans, selon CB News. En juillet déjà, Ursula von der Leyen s'était dite favorable à un accès « progressif et gradué » des mineurs aux plateformes, promettant des annonces après l'été - un rendez-vous qu'elle a tenu lors de son discours où elle a aussi dit vouloir freiner l'IA la plus risquée.

Christian Cirhigiri, de l'association CDT Europe, a expliqué à l'AFP être opposé « au principe de restreindre la participation en ligne des enfants, car cela violerait leurs droits à la liberté d'expression et à l'accès à l'information ». D'autres voix, comme la neurologue Servane Mouton, coprésidente de la commission Enfants et écrans, avaient au contraire regretté la censure d'août, y voyant l'enterrement d'« une mesure d'urgence de protection des mineurs ». Le dossier reste désormais entre les mains de la Commission européenne, qui doit préciser le calibrage exact de ses futures règles.

Sources

  1. 20 Minutes : High-Tech
  2. Nous attendons mieux : des ONG et experts contre l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs
  3. Interdiction des réseaux aux enfants : des associations craignent les libertés
  4. Réseaux sociaux: des ONG et experts opposés à une interdiction aux mineurs dans l'UE
  5. Faut-il vraiment interdire les réseaux sociaux aux mineurs ? 130 associations s'y opposent
  6. Décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026
  7. Si une interdiction d'accès aux réseaux sociaux est anticonstitutionnelle...
  8. Réseaux sociaux: pourquoi le Conseil constitutionnel a censuré l'interdiction pour les moins de 15 ans
  9. Le Conseil constitutionnel censure la loi prévoyant d'interdire l'accès des mineurs de moins de 15 ans aux réseaux sociaux
  10. L'Anses alerte sur les risques des réseaux sociaux sur la santé des adolescents

Sujets