Actu Allo360
En continu

No Title : comment une chanson des blocus est devenue virale

Un titre de 2015 signé Nodey, extrait d'un court-métrage de Cyprien, est devenu la bande-son du mouvement lycéen sur TikTok et Instagram.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Salle de classe vide, chaises empilées, smartphone sur un bureau affichant une onde sonore.

Depuis plusieurs semaines, une même musique accompagne les vidéos de blocus et de manifestations lycéennes partagées sur les réseaux sociaux. Son titre : "No Title". Son auteur : Nodey, producteur franco-vietnamien évoluant dans le milieu de la publicité. Selon BFMTV, le morceau, qui dure 3 minutes et 20 secondes, est désormais utilisé dans plus de 100 000 publications sur TikTok et Instagram pour illustrer les actions des lycéens mobilisés depuis le 17 septembre.

D'un court-métrage de Cyprien à la chanson des blocus

"No Title" n'a pourtant rien d'une création récente. Le morceau figure à la fin de "Technophobe", un court-métrage de 11 minutes publié en janvier 2015 par le youtubeur Cyprien Iov. La vidéo raconte les pérégrinations d'un jeune homme devenu allergique aux nouvelles technologies, et le morceau de Nodey vient rythmer sa découverte qu'il est possible de s'en passer.

Onze ans plus tard, cette vidéo cumule près de 45 millions de vues, selon les chiffres relevés par BFMTV. Le média spécialisé Lyrics Spacee explique cet engouement retrouvé par "le choix d'un son de leur enfance" pour une génération qui a grandi avec les contenus de Cyprien. Très vite, le morceau est devenu, dans le vocabulaire des utilisateurs eux-mêmes, "le son des blocus lycéens", voire "l'hymne de la génération Z".

Un mouvement social qui s'est propagé sur les réseaux

Le mouvement lycéen a démarré le 17 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, avant de s'étendre à l'Île-de-France puis à plusieurs régions françaises. Il a connu son "acte III" le mardi 6 octobre, avec 266 000 manifestants recensés par le ministère de l'Intérieur contre 450 000 selon l'Union syndicale, qui organisait les cortèges avec le soutien de l'Éducation nationale.

Cette journée a aussi été marquée par des tensions : 488 personnes ont été interpellées et 43 membres des forces de l'ordre blessés, selon le ministère de l'Intérieur cité par BFMTV. Depuis le début de la mobilisation, le nombre total d'arrestations atteint 6 547, d'après le décompte de Wikipédia arrêté au 6 octobre.

IndicateurChiffreSource
Publications utilisant le morceauplus de 100 000BFMTV
Vues du court-métrage "Technophobe" en 11 ansprès de 45 millionsBFMTV
Manifestants lors de l'acte III (6 octobre)266 000 (ministère) / 450 000 (syndicats)BFMTV
Interpellations lors de l'acte III488BFMTV
Arrestations depuis le 17 septembre6 547Wikipédia

Dans les vidéos qui utilisent "No Title", on retrouve des manifestations, des blocus et des rassemblements pacifistes. Les réseaux sociaux ont servi, tout au long du mouvement, à raconter les actions, à montrer les interventions policières, mais aussi à organiser la suite des événements, selon BFMTV.

Soutiens politiques, silence de Cyprien

Le phénomène a dépassé le cercle des lycéens. Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle pour La France insoumise, a lui aussi utilisé le morceau pour afficher son soutien au mouvement. Squeezie, ancien acolyte de Cyprien, avait de son côté publiquement exprimé sa solidarité avec les lycéens mobilisés.

Cyprien Iov, créateur original de la vidéo dont est tiré le morceau, n'a en revanche pas réagi à cette réappropriation de son contenu par le mouvement. L'hypothèse d'un blocage des plateformes où circulent ces vidéos a par ailleurs été évoquée par certains responsables politiques face aux violences ayant émaillé plusieurs rassemblements. Une telle mesure se heurte toutefois à la jurisprudence en vigueur, qui exige qu'une interdiction réponde de façon proportionnée à une menace identifiée, condition jugée non remplie en l'état par les experts cités par BFMTV.

Sources

  1. BFMTV : Tech
  2. Franceinfo : Tech
  3. Il a fait "l'hymne de la Gen Z"
  4. Mobilisation lycéenne: l'Union syndicale dénombre 450.000 manifestants, le ministère de l'Intérieur recense 266.000 personnes
  5. Mouvement lycéen et étudiant de 2026 en France

Sujets