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Pillages du 17 octobre : Bercy reçoit Meta

Après les pillages du week-end du 17 octobre, le gouvernement et Renaissance accusent les réseaux sociaux d'avoir attisé les débordements et envisagent un…

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Table de réunion ministérielle avec dossiers fermés et un smartphone éteint posé dessus.

Le ministre de l'Économie Roland Lescure a tranché mardi 20 octobre, lors d'une conférence de presse consacrée aux commerçants victimes de pillages, allant jusqu'à évoquer un possible blocage des réseaux sociaux. « Cette question sociétale de l'impact des réseaux sociaux sur les violences urbaines doit se poser, et les conséquences devront sans doute en être tirées », a-t-il affirmé. Selon lui, « les réseaux sociaux, évidemment, ont joué un rôle » dans les débordements survenus en marge de la mobilisation contre la vie chère.

« Les réseaux sociaux, évidemment, ont joué un rôle », Roland Lescure, ministre de l'Économie.

Le gouvernement reçoit les plateformes

La ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff a convoqué mardi matin à Bercy les représentants des principales plateformes : Meta (Facebook, Instagram, Messenger), Google, Snapchat, TikTok et X. L'objectif affiché est de « faire le point sur la situation et définir ensemble les actions à engager », selon ses propres mots. Le Premier ministre Sébastien Lecornu les rencontrait lui aussi le même jour.

Ces échanges visent d'abord à obtenir des mesures volontaires de la part des plateformes : accélération du retrait des contenus illicites, limitation de la mise en avant algorithmique de certaines vidéos, ou encore coopération renforcée avec les enquêteurs pour identifier les comptes impliqués. Une opération judiciaire mobilise déjà 200 enquêteurs chargés d'éplucher les images diffusées en ligne, a annoncé Sébastien Lecornu.

L'idée d'un blocage relancée par Gabriel Attal

Candidat Renaissance à l'élection présidentielle, Gabriel Attal a remis sur la table lundi 19 octobre, sur RTL, l'idée d'une suspension temporaire et ciblée de certaines plateformes. Il les juge responsables d'un « effet de meute » et d'un « mimétisme violent » chez les plus jeunes.

« Lors des émeutes, nous devons pouvoir bloquer temporairement et de manière ciblée l'accès à certaines plateformes pour stopper l'effet de meute », Gabriel Attal, candidat Renaissance à l'élection présidentielle.

L'ancien Premier ministre s'appuie sur son propre précédent : en mai 2024, son gouvernement avait suspendu TikTok en Nouvelle-Calédonie lors des émeutes qui avaient fait 14 morts. Un an plus tard, le Conseil d'État avait pourtant jugé cette mesure disproportionnée, faute de durée limitée définie à l'avance. La plus haute juridiction administrative avait néanmoins validé le principe d'un blocage temporaire en cas de « circonstances exceptionnelles », à condition qu'il soit indispensable, qu'aucune alternative technique immédiate n'existe, et qu'il soit limité à la durée nécessaire à la mise en place de mesures alternatives.

L'opposition n'est pas convaincue. Le député LFI François Piquemal a estimé que les mesures sécuritaires, y compris un éventuel blocage des réseaux sociaux, « ne sont pas des solutions à la crise politique en cours ».

« Ce qu'il faut, c'est un état d'urgence sociale, surtout », François Piquemal, député LFI de Haute-Garonne.

Un cadre juridique très encadré

À l'échelle internationale, une coupure totale des réseaux sociaux reste surtout associée aux régimes autoritaires qui y recourent lors de périodes de contestation. En France, une telle décision resterait soumise au contrôle du juge administratif, qui a déjà sanctionné le précédent calédonien. La Commission européenne, de son côté, s'est dite en « contact étroit » avec l'Arcom, le régulateur français du numérique, rappelant que les plateformes sont tenues d'informer proactivement les autorités dès qu'elles soupçonnent la préparation d'actes criminels.

À l'origine de la mobilisation du 17 octobre, un appel lancé sur TikTok par un jeune homme connu sous le pseudonyme V2 avait recueilli plus de 500 000 « j'aime ». Le week-end suivant, les vidéos de pillages et d'affrontements ont tourné en boucle sur les plateformes, certaines vues des millions de fois.

Un bilan économique et judiciaire déjà lourd

Au-delà du débat sur les réseaux sociaux, le coût des violences s'annonce élevé pour les commerçants. Le gouvernement recense au moins 3 000 commerces touchés par des dégradations ou des pillages.

IndicateurChiffreSource
Commerces touchésau moins 3 00020 Minutes, octobre 2026
Dégâts estimés pour les commerçants« plusieurs centaines de millions d'euros »CCI France, via 20 Minutes
Coût des émeutes de 2023793 millions d'euros pour 17 000 sinistres20 Minutes
Taux de réponse pénale annoncéprès de 80 %Sébastien Lecornu, via TF1 Info
Enquêteurs mobilisés sur les images en ligne200Public Sénat, Le Monde

Le ministère de l'Intérieur reste plus prudent que Roland Lescure sur le rôle précis des plateformes. Interrogé à l'Assemblée nationale dès le 7 octobre, le ministre Laurent Nuñez avait noté que les services de renseignement avaient bien repéré des messages appelant à manifester « avec votre mortier [de feu d'artifice] », tout en précisant qu'une partie de ces appels étaient en réalité de « faux appels à rassemblement ». Les groupes politiques de l'Assemblée nationale se sont par ailleurs accordés mardi sur l'opportunité d'une commission d'enquête portant sur les violences, d'éventuelles « ingérences étrangères » et l'organisation des auteurs de pillages.

Sources

  1. Le Monde : Pixels (tech)
  2. Couper les réseaux sociaux pour empêcher les violences : jusqu'où la France peut-elle aller ?
  3. « Stopper l'effet de meute » : peut-on vraiment bloquer les réseaux sociaux ?
  4. Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?
  5. Qui va payer la facture des violences du 17 octobre ?
  6. Violences urbaines : la ministre du numérique convoque les réseaux sociaux
  7. Violences du 17 octobre : "Ce qu'il faut, c'est un état d'urgence social"
  8. Violences urbaines : couvre-feux à Paris, Lyon, Nice...

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