Étrechet : démissions en cascade contre le data center Google
La maire d'Étrechet, dans l'Indre, a démissionné mardi 15 septembre, après quatre élus, pour protester contre le data center Google prévu sur sa commune.

Florence Laurent a rendu son écharpe tricolore mardi 15 septembre. La maire sans étiquette d'Étrechet, petite commune de 1 000 habitants près de Châteauroux, dans l'Indre, quitte ses fonctions en pleine contestation du projet de data center Google porté sur le territoire. Elle évoque, dans un communiqué transmis à la presse locale, « un désaccord sur la prise en compte des avis sur le projet Google sur notre territoire ».
Une démission en cascade
Le départ de la maire fait suite à celui de trois adjoints et d'une conseillère municipale. Bruno Deterne (finances), Marie-Pierre Chabenat-Canals (affaires scolaires et sociales), Christian Jubard (travaux) et Sylvie Gessier avaient annoncé leur démission collective par un courrier daté du 10 septembre 2026, rendu public le 11 septembre.
Les quatre élus dénoncent un dossier qui « échappe totalement à toute capacité de décision de la commune, tout en faisant peser des risques cumulés lourds sur notre territoire ». Leur décision intervient au lendemain d'un conseil municipal, le 9 septembre, consacré à la présentation du projet par Gil Avérous, maire de Châteauroux et président de Châteauroux Métropole.
« Nous avons le sentiment d’être dans une réserve indienne sur laquelle on va monter des projets, mais où les habitants n’ont pas leur mot à dire. », Marie-Pierre Chabenat-Canals, ex-2e adjointe à la maire d'Étrechet.
Un projet hors norme sur la zone d'Ozans
Le centre de données doit s'implanter sur le parc d'activités d'Ozans, une zone qui n'accueille aujourd'hui qu'une usine de profilage à froid. Il serait porté par Tricolore Computing, filiale française de Google, et compterait entre huit et dix bâtiments destinés à héberger des milliers de serveurs. Cette infrastructure s'inscrit dans la course de calcul que Google mène par ailleurs avec la création d'un institut dédié à l'intelligence artificielle générale.
Le conseil communautaire de la métropole de Châteauroux avait voté, en juin 2025, la vente d'une parcelle de 195 hectares sur cette zone à Tricolore Computing. Selon la Commission nationale du débat public, le projet se déroulerait en deux phases : la première, de 2028 à 2029, avec la mise en service d'un premier bâtiment et un raccordement au réseau 225 000 volts par RTE ; la seconde, à partir de 2031, avec sept à neuf bâtiments supplémentaires.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Puissance électrique à pleine capacité | Entre 880 mégawatts et 1,1 gigawatt | Le Monde, 16 septembre 2026 |
| Puissance électrique évaluée en septembre | 500 mégawatts | France 3 Centre-Val de Loire, 14 septembre 2026 |
| Emprise foncière totale du projet | 212 hectares | La Nouvelle République, 14 septembre 2026 |
| Population d'Étrechet | 1 000 habitants | Le Monde, 16 septembre 2026 |
| Emplois directs et indirects annoncés | Près d'un millier | Communiqué de Gil Avérous, 15 septembre 2026 |
Eau, électricité et PFAS : les points de crispation
Les élus démissionnaires pointent plusieurs risques : la ressource en eau, les tensions sur le réseau électrique, les nuisances sonores et visuelles, ainsi que l'opacité du calendrier administratif. La question des PFAS, ces polluants éternels présents dans les fluides de refroidissement des data centers, revient régulièrement dans leurs prises de parole.
Florence Laurent cite elle aussi « les nuisances visuelles, les PFAS, la dévalorisation des habitations, le trafic routier » comme des points sur lesquels elle attendait un « engagement précis » des porteurs du projet, sans l'obtenir lors du conseil municipal du 9 septembre.
« Je suis arrivée à la conclusion que différents éléments de ce projet méritaient un engagement précis de la part des porteurs de projets : nuisances visuelles, PFAS, dévalorisation des habitations, trafic routier… », Florence Laurent, ex-maire d'Étrechet.
Le collectif citoyen Ozans dire non milite depuis plusieurs mois contre l'implantation. L'idée d'un référendum local, défendue par les élus démissionnaires, aurait été écartée faute de garantie sur sa portée contraignante. Certains riverains, à l'image d'habitants confrontés à d'autres projets en France, se tournent désormais vers un guide pratique pour contester un data center.
La métropole maintient le projet
Gil Avérous a réagi par communiqué mardi 15 septembre. Le président de Châteauroux Métropole dit regretter que le contexte politique local ne permette pas d'étudier « avec sérénité » un dossier qu'il présente comme une opportunité de développement pour le département.
« regretter que le contexte local issu des élections municipales ne puisse apporter la sérénité nécessaire à l’étude de dossiers qui constituent une opportunité historique de développement, de créations d’emplois et d’activité pour notre département », Gil Avérous, président de Châteauroux Métropole.
Rien, à ce stade, ne semble suspendre la procédure. La vente définitive des quelque 200 hectares réservés doit intervenir au plus tard en juillet 2030, sauf étude environnementale défavorable ou volte-face de Tricolore Computing. Ce data center serait le premier détenu en nom propre par Google sur le territoire français, alors que le groupe fait déjà l'objet outre-Atlantique d'une décision de justice l'obligeant à réformer son activité publicitaire en ligne.
Sources
- Le Monde : Pixels (tech)
- Data center d'Étrechet : en protestation contre le projet de Google, la maire démissionne
- Data center géant de Google : la maire démissionne à son tour après quatre autres élus
- Le data center géant de Google provoque la démission de quatre élus
- Data center Google dans l'Indre : la maire d'Etrechet démissionne après un désaccord
- Un projet de data center Google provoque le chaos en France
- Le data center de Google fait imploser le conseil municipal d'Étrechet
- Data center dans l'Indre : quatre élus de la commune d'Étrechet démissionnent
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