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160 km/h, le seuil des restrictions Starlink qui bloque

Kiev accuse SpaceX d'avoir bridé sans préavis l'accès Internet militaire de Starlink, perturbant des missions de drones sur le front, mercredi 14 octobre.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Antenne satellite portable dans un champ, drone replié au sol à côté.

Dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 octobre, des restrictions Starlink ont frappé sans préavis certains terminaux utilisés par l'armée ukrainienne, limitant leur fonctionnement du jour au lendemain. L'information a d'abord été révélée par l'activiste Serhii Sternenko, avant d'être confirmée par Serhii Beskrestnov, conseiller technologique du président Volodymyr Zelensky, les deux hommes s'exprimant sur Telegram mercredi matin.

« Les terminaux Starlink ont été limités ce soir. La communication a commencé à se dégrader en mouvement à des vitesses supérieures à 160 km/h. Ceci a perturbé plusieurs missions importantes », a écrit Serhii Sternenko vers 7 heures du matin. Une heure plus tard, Serhii Beskrestnov a confirmé l'existence de ces restrictions Starlink, imposées selon lui par SpaceX elle-même.

Ukraine Says SpaceX Restrictions On Starlink Are Disrupting Military Operations | Trump's U-turn, CNN-News18

« Nos forces de défense n'ont pas été informées de cette limitation, ce qui a entraîné la perturbation de plusieurs missions. », Serhii Beskrestnov, conseiller technologique du président Zelensky.

Starshield, le service militaire visé

Les restrictions ne concernent pas l'offre commerciale grand public de Starlink, mais Starshield, son sous-ensemble dédié aux usages gouvernementaux et militaires. Elles touchent spécifiquement les terminaux en mouvement, bridés dès qu'ils dépassent 160 km/h selon Beskrestnov, un seuil qui empêche de fait l'usage de nombreux drones de frappe à moyenne portée.

Le 7e corps de réaction rapide ukrainien a signalé des coupures de connexion de 10 à 20 secondes alors que ses drones volaient entre 110 et 120 km/h, rendant les appareils « plus difficiles à contrôler ». Selon Le Grand Continent, certains militaires auraient même observé des interruptions dès 60 à 70 km/h. Les terminaux fixes, eux, continuent de fonctionner normalement pour les communications de base entre unités.

Musk renvoie la responsabilité à Washington

Interrogé sur X par Mykhaïlo Fedorov, son interlocuteur ukrainien de longue date, Elon Musk a rejeté la responsabilité de SpaceX. Il affirme que Starshield appartient et est contrôlé par le gouvernement américain, contrairement au réseau commercial Starlink exploité par son entreprise.

Plusieurs experts cités par franceinfo estiment ainsi que la décision n'incombe pas à SpaceX mais au Département d'État américain, signataire du contrat officiel pour les services Starshield. Ni Musk ni SpaceX n'ont toutefois formellement confirmé ou démenti leur rôle dans ces restrictions, selon NextINpact.

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a interpellé publiquement le patron de SpaceX sur X.

« Hey @elonmusk, grand homme, vous instrumentalisez encore la politique avec vos produits ? En tant que clients européens, nous vous surveillons. », Radosław Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères.

Cette passe d'armes rappelle un précédent de mars 2025, quand Musk avait assuré que Starlink « ne coupera jamais ses terminaux » en Ukraine, quelles que soient ses réserves sur la politique de Kiev.

Un contexte de tensions croissantes

Ces restrictions interviennent alors que Kiev s'inquiète d'un relâchement du soutien américain, notamment en matière de renseignement. Volodymyr Zelensky a déploré n'avoir reçu aucune alerte préventive de ses alliés avant des frappes russes ayant touché Kiev, Dnipropetrovsk et Zaporijia dans la nuit du 13 au 14 octobre, privant au passage 600 000 personnes d'électricité selon CNBC.

Le même jour, Donald Trump avait suggéré que l'Ukraine aurait intérêt à changer de dirigeant, et annoncé un accord avec Moscou sur l'achat de diesel russe, une première depuis les sanctions de 2022. Mercredi soir, Mykhaïlo Fedorov a toutefois annoncé un rétablissement progressif du service pour les drones volant jusqu'à 160 km/h, selon Le Monde.

IndicateurChiffreSource
Seuil de bridage des terminaux en mouvement160 km/hNextINpact, 14 octobre 2026
Terminaux Starlink en circulation en Ukraine financés par la Pologne42 000, pour environ 50 M$ par anNextINpact, 14 octobre 2026
Ukrainiens privés d'électricité après les frappes russes600 000 personnesCNBC, 14 octobre 2026
Blocage de l'accès russe à StarlinkDepuis février 2026NextINpact, 14 octobre 2026

Starlink est présent officiellement en Ukraine depuis 2022, où le service s'est imposé comme un outil clé de communication pour les troupes, loin des usages civils qu'il remplit aussi ailleurs, comme pour connecter des villages isolés d'Amazonie brésilienne ou équiper le kit vendu aux particuliers. Depuis le blocage de l'accès russe en février, le réseau fonctionne en Ukraine sur la base d'une liste blanche d'appareils autorisés par le gouvernement de Kiev, qui garde officiellement la main sur les usages militaires de Starlink, notamment pour les drones.

Aucune perturbation n'a été rapportée côté russe. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé que Moscou n'avait pas connaissance de restrictions sur le fonctionnement de Starlink en Ukraine.

Sources

  1. NextINpact
  2. «Nos forces de défense n'ont pas été prévenues» : l'Ukraine dénonce la restriction des opérations de Starlink pendant la nuit
  3. Guerre en Ukraine : des drones ukrainiens privés de connexion au réseau Starlink
  4. Ukraine warns Starlink limits are disrupting military operations as Russia pounds its energy infrastructure
  5. Ukraine says new Starlink restrictions disrupt military as it reels from intel gaps and Trump clash
  6. L'Ukraine peut-elle encore compter sur Starlink?
  7. L'Ukraine affirme qu'Elon Musk a restreint son réseau Starlink sur le front
  8. EN DIRECT, guerre en Ukraine : plusieurs régions attaquées

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