Datacenters Google : les chiffres du stress hydrique contestés
NextINpact a recalculé les prélèvements d'eau de Google selon le standard WRI.

Google a publié début octobre 2026 son rapport environnemental annuel. Il y affirme que 72 % de l'eau prélevée pour ses datacenters en 2025 provient de zones à faible stress hydrique. Le média spécialisé NextINpact a voulu vérifier ce chiffre en appliquant le référentiel de référence du secteur, l'Aqueduct Water Risk Atlas du World Resources Institute (WRI), et obtient un résultat "bien moins" favorable à Google.
Un référentiel maison qui s'écarte du standard du secteur
Jusqu'en 2023, Google utilisait lui aussi le WRI pour classer ses prélèvements d'eau selon le niveau de stress hydrique local. Depuis, l'entreprise a basculé sur son propre « Water Risk Framework », un protocole qu'elle dit « évalué par des pairs » mais dont la méthode détaillée n'est pas publiée. Elle continue toutefois d'utiliser le WRI pour ses bureaux, en dehors des datacenters.
Google justifie ce choix en expliquant que les outils génériques comme le WRI sont « précieux pour une évaluation préliminaire » mais « ne sont pas destinés à saisir des détails plus granulaires ». L'entreprise ajoute que l'eau d'un site peut provenir d'un bassin géographique différent de celui où il se trouve, sans toutefois préciser où se situent les approvisionnements réels de sa quarantaine de datacenters dans le monde.
NextINpact a utilisé sa propre cartographie mondiale des datacenters, croisée avec les niveaux de stress du WRI (classés en faible, moyen et élevé), pour recalculer les chiffres de Google site par site. À Douglas County aux États-Unis, à Eemshaven aux Pays-Bas et à Saint-Ghislain en Belgique, la majorité de l'eau prélevée est non potable, un détail qui complique encore la comparaison.
Une consommation d'eau et d'électricité qui explose
Au-delà du débat méthodologique, les volumes en jeu progressent fortement. Google a prélevé plus de 50 millions de m³ d'eau en 2025 pour ses datacenters, selon ses propres données reprises par NextINpact. L'entreprise a par ailleurs consommé 43,6 TWh d'électricité la même année, un volume comparable à la consommation totale du Portugal.
Entre 2023 et 2024 déjà, la consommation nette d'eau de Google avait bondi de 28 %, pour atteindre 30 milliards de litres, dont près d'un tiers provenant de zones en stress hydrique, selon la RTBF. Microsoft, de son côté, estimait que 46 % de ses propres prélèvements avaient lieu dans de telles zones en 2024.
« Nous évaluons la qualité de la source d'eau locale pour chaque centre de données en nous appuyant sur un cadre scientifique afin d'évaluer la santé du bassin versant. », Google, Centres de données Google.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Eau prélevée par Google (datacenters, 2025) | plus de 50 millions de m³ | NextINpact, octobre 2026 |
| Part en zone à faible risque (méthode Google) | 72 % | NextINpact, octobre 2026 |
| Électricité consommée par Google (2025) | 43,6 TWh | NextINpact, octobre 2026 |
| Hausse de la consommation nette d'eau de Google (2023-2024) | + 28 %, à 30 milliards de litres | RTBF, juin 2026 |
| Prélèvements Microsoft en zone de stress hydrique (2024) | 46 % | RTBF, juin 2026 |
Les promesses de restitution d'eau pour 2030
Face à ces critiques récurrentes, Google avait annoncé en juin 2026 un objectif de restitution : rendre 120 % de l'eau consommée par ses datacenters d'ici 2030. L'entreprise affirme avoir déjà restitué plus de 26,5 milliards de litres en 2025, via 165 projets répartis sur 97 bassins versants, pour une cible de plus de 71,9 milliards de litres par an une fois tous les dispositifs opérationnels.
Google dit aussi avoir engagé plus de 500 millions de dollars dans des infrastructures liées à l'eau, aux eaux usées et à leur réutilisation, un montant porté à 77 millions de dollars rien qu'en 2026 pour douze États américains contre sept auparavant. Pour les nouveaux sites jugés vulnérables, l'entreprise affirme privilégier le refroidissement par air ou l'eau recyclée, comme c'est déjà le cas au Texas.
Ces engagements n'ont pas suffi à calmer les tensions locales autour de certains projets. En France, l'opposition à un data center Google prévu dans l'Indre a provoqué des démissions en cascade d'élus municipaux en septembre 2026. Le groupe prépare par ailleurs, via sa filiale DeepMind et un nouvel institut dédié à l'IA générale, une montée en puissance de ses besoins de calcul qui s'accompagne mécaniquement de nouveaux besoins en eau et en électricité.
Le rapport 2026 de Google ne précise pas où se situent géographiquement les approvisionnements en eau de chacun de ses sites, une information qui permettrait de vérifier plus précisément la méthodologie maison de l'entreprise.
Sources
- NextINpact
- Operating sustainably - Google Data Centers
- Data centers : pourquoi leur refroidissement consomme tant d'eau
- Google promet de rendre plus d'eau qu'il n'en boit pour ses centres de données
- Google promet de rendre plus d'eau que ses data centers IA n'en consomment
- Google pushes water standards amid data center backlash
- Favoriser une utilisation responsable de l'eau dans nos centres de données
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