Netflix, premier financeur privé du cinéma français devant TF1
Netflix est devenu en 2025 le premier financeur privé de la production audiovisuelle et cinématographique française, devant TF1 et Canal+, selon l'Arcom.

Le président de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), Martin Ajdari, a annoncé vendredi 18 septembre à La Rochelle que Netflix est devenu, en 2025, le premier financeur privé de la production française. Ce statut recouvre à la fois les œuvres audiovisuelles et le cinéma, au titre des obligations légales imposées à la plateforme américaine.
Selon le bilan annuel du régulateur, Netflix a investi 308 millions d'euros au total : 250 millions pour la production audiovisuelle et 58 millions pour le cinéma. France Télévisions reste devant avec 406 millions d'euros consacrés à l'audiovisuel et 70 millions au cinéma. Canal+ demeure de son côté le premier financeur du seul secteur cinématographique, avec 156 millions d'euros investis.
Netflix dépasse les diffuseurs privés historiques
Cette annonce confirme une progression entamée dès 2024. L'an dernier, selon les données de l'Arcom citées par Le Monde, Netflix avait déjà investi 222 millions d'euros dans les séries et documentaires, soit 19 % du total des investissements, devant TF1 (184 millions) et Canal+ (102 millions).
L'ensemble des plateformes de streaming (Netflix, Disney+, HBO Max) a investi 525 millions d'euros dans la création française en 2025, contre 397 millions en 2024, soit une hausse de 32 %. Ces montants s'inscrivent dans un total de 1,64 milliard d'euros consacré par tous les acteurs à la production audiovisuelle et cinématographique, en progression de 2 % sur un an.
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Investissement total Netflix (audiovisuel + cinéma), 2025 | 308 millions d'euros | Franceinfo, 18 septembre 2026 |
| Investissement France Télévisions (audiovisuel + cinéma) | 476 millions d'euros | Kulturegeek, 18 septembre 2026 |
| Investissement cumulé des streamers, 2025 | 525 millions d'euros (+32 %) | Franceinfo, 18 septembre 2026 |
| Total des investissements dans la création française | 1,64 milliard d'euros (+2 %) | Franceinfo, 18 septembre 2026 |
| Contribution de la télévision traditionnelle | 1,118 milliard d'euros (-8 %) | Franceinfo, 18 septembre 2026 |
Martin Ajdari anticipe une accélération de cette tendance. « On peut prévoir que [Netflix] qui est déjà le premier financeur privé de la création sera en 2030 le premier financeur tout court dans la création audiovisuelle et cinématographique », a-t-il déclaré à La Rochelle.
« On peut prévoir que [Netflix] qui est déjà le premier financeur privé de la création sera en 2030 le premier financeur tout court dans la création audiovisuelle et cinématographique », Martin Ajdari, président de l'Arcom.
Un cadre réglementaire que Netflix conteste
Ce statut de premier financeur privé place Netflix dans une position paradoxale. Depuis un décret de 2021, les services de vidéo à la demande par abonnement doivent consacrer au moins 20 % de leur chiffre d'affaires réalisé en France à des œuvres françaises et européennes. Netflix juge ce niveau de plus en plus difficile à tenir au regard de ses besoins réels, alors que la plateforme produit aujourd'hui 20 à 25 œuvres par an dans le pays.
En juin, la plateforme avait demandé un plafonnement de ses investissements obligatoires, tout en revendiquant déjà, à l'époque, plus de 250 millions d'euros investis au total en France. Ted Sarandos, le patron de Netflix, a défendu la place de l'entreprise lors de l'avant-première du film Dix pour cent le 8 septembre à Paris, la qualifiant de « vitale » pour l'industrie du divertissement français auprès de Variety.
Les réserves de l'Arcom sur la diversité des œuvres
Le président de l'Arcom a toutefois nuancé cette montée en puissance des plateformes, qui représentent désormais plus de 40 % des prévisions d'investissement total. Selon lui, cette place grandissante n'est « pas sans conséquence » sur la production nationale.
« Ces services, lorsqu'ils commandent une série ou un unitaire, l'inscrivent dans une stratégie définie ailleurs et ne peuvent avoir la même intention, le même ancrage qu'un acteur national », a ajouté Martin Ajdari à La Rochelle.
« Ces services, lorsqu'ils commandent une série ou un unitaire, l'inscrivent dans une stratégie définie ailleurs et ne peuvent avoir la même intention, le même ancrage qu'un acteur national », Martin Ajdari, président de l'Arcom.
Le régulateur relève que ces investissements « donnent lieu à moins d'heures de tournage, moins d'œuvres financées et moins de diversité » dans les genres, comparés à ceux des chaînes classiques. La télévision traditionnelle, fragilisée par les restrictions budgétaires de l'audiovisuel public et par la baisse des recettes publicitaires du privé, voit sa contribution reculer à 1,118 milliard d'euros contre 1,213 milliard en 2024, soit une baisse de 8 %.
Martin Ajdari a par ailleurs appelé à renforcer le financement de France Télévisions et à intégrer YouTube, qui capte une part croissante des revenus publicitaires, dans le dispositif de soutien à la création française. C'est aussi l'Arcom qui a été saisie récemment sur un tout autre dossier, celui des signalements de violences sur mineurs sur Discord.
Sources
- Franceinfo : Tech
- Netflix devient le premier financeur privé de la production audiovisuelle et cinématographique française
- Netflix devient le premier financeur privé de la création en France : pourquoi cela est-il inquiétant ?
- Netflix devient le premier financeur privé de la production française
- Netflix, devenu un pilier de la création française, demande le plafonnement de ses investissements
- Netflix création française : la plateforme veut un plafond
Sujets
- netflix5
- arcom3
- audiovisuel français
- streaming13
- cinéma français
- régulation12
Sur le même sujet
Tech49,99 euros puis 59,99 : le vrai prix de la Freebox UltraDepuis ce mercredi 14 octobre, Free propose sa Freebox Ultra à 49,99 euros par mois avec cinq plateformes de streaming incluses sans surcoût.
TechFreebox Ultra : jusqu'à 252€ d'économies par an sur le streamingFree propose depuis le 3 octobre 2026 sa Freebox Ultra à 49,99 euros par mois, avec Netflix, Disney+ et Prime Video inclus sans abonnement séparé.
Tech49,99€ : la Freebox Ultra inclut Netflix, Disney+ et Prime VideoFree propose sa Freebox Ultra à 49,99 euros par mois avec Netflix, Disney+ et Prime Video inclus sans abonnement supplémentaire, selon BFMTV.