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Discord : 138 signalements de violences sur mineurs en 6 mois

L'association e-Enfance a saisi l'Arcom et la justice, lundi 14 septembre, dénonçant une explosion des violences sur mineurs sur la plateforme Discord.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecturemis à jour le 19 septembre 2026 à 15:19
Smartphone à bulle de discussion vide, cahier d'école et stylo, vue de dessus.

Discord enregistre une montée alarmante de violences sur mineurs. L'association e-Enfance, gestionnaire de la ligne 3018 contre le harcèlement, a alerté lundi 14 septembre l'Arcom et saisi la division cybercriminalité du parquet de Paris face à cette explosion des actes commis sur cette plateforme d'échange de messages, images et sons, particulièrement fréquentée par les gamers.

L'association dénonce des « failles d'un système de modération qui peine à protéger les plus jeunes ». Elle cible directement l'entreprise américaine, qui revendique plus de 90 millions d'utilisateurs dans le monde selon les chiffres cités par e-Enfance.

Une explosion des signalements en 2026

Sur le seul premier semestre 2026, le 3018 a reçu 138 signalements visant Discord. C'est plus du triple des 44 signalements enregistrés sur l'ensemble de l'année 2025, selon les données publiées par e-Enfance et relayées par Le Monde.

IndicateurChiffreSource
Signalements Discord, 1er semestre 2026138e-Enfance, cité par Le Monde, 14 sept. 2026
Signalements Discord sur toute l'année 202544e-Enfance, cité par Le Monde, 14 sept. 2026
Taux de retrait des contenus signalés33 %e-Enfance, cité par Le Monde, 14 sept. 2026
Délai de fermeture d'un serveur incriminé9 jourse-Enfance, cité par Le Monde, 14 sept. 2026
Utilisateurs revendiqués par Discord dans le mondeplus de 90 millionse-Enfance, cité par Le Monde, 14 sept. 2026

Des faits d'une gravité croissante

L'association s'alarme d'une « proportion croissante de faits d'une particulière gravité » : exploitation et extorsion sexuelles, « piégeage » d'enfants par des adultes (« grooming »), divulgation d'informations personnelles (« doxing »), un risque déjà illustré par le profil reconstitué de deux fillettes par une IA, ou menaces de mort. Elle signale aussi des cas liés à des « mouvances extrémistes violentes » nées sur Internet, qui ciblent en particulier les mineures et les incitent à l'automutilation ou à la production de contenus sexuels dégradants.

e-Enfance illustre ses griefs par un cas précis : celui d'une adolescente de 16 ans, exploitée sexuellement à des fins de prostitution. La fermeture du serveur qui lui était consacré a pris neuf jours, malgré la transmission des éléments nécessaires à la plateforme.

« Ce n'est pas à un mineur d'organiser seul sa propre protection en ligne, c'est une responsabilité qui incombe directement aux plateformes », Véronique Béchu, directrice de l'Observatoire de l'association e-Enfance/3018.

La directrice de l'Observatoire de l'association appelle Discord à « cesser de se retrancher derrière des exigences techniques disproportionnées ».

La justice et le régulateur saisis

En plus du signalement à l'Arcom, e-Enfance a saisi la division cybercriminalité du parquet de Paris. L'association a également annoncé qu'elle se constituerait partie civile lors du procès de Rohan Rane, prévu le 5 octobre devant la cour d'assises de Paris. Ce dossier est présenté comme le premier jugé en France rattaché aux mouvances en ligne violentes « The Com » et « 764 ».

Cette démarche judiciaire française s'inscrit dans un mouvement plus large de mise sous pression réglementaire de Discord à l'international, comparable aux treize lois californiennes contre l'addiction aux réseaux sociaux. Au Brésil, l'Avocature générale de l'Union (AGU) a récemment engagé une action en justice sommant la plateforme de se conformer aux lois brésiliennes sous quinze jours.

Un phénomène qui dépasse Discord

Le rapport de transparence publié par e-Enfance en mai 2026 donnait déjà la mesure du phénomène à l'échelle de toutes les plateformes confondues. En 2025, la ligne 3018 avait enregistré 124 500 sollicitations, dont près d'un quart pour des faits à caractère sexuel impliquant des mineurs, une victime sur quatre ayant moins de 11 ans alors que les réseaux sociaux sont censés être interdits aux moins de 13 ans, un seuil que reprend désormais l'EU Kids Act pour l'accès selon l'âge, selon Doctissimo qui cite l'association.

Sur ces 5 000 signalements adressés aux plateformes numériques en 2025, la sextorsion représentait plus d'un tiers des cas, selon les chiffres relayés par CB News. L'association indique par ailleurs gérer une crise suicidaire tous les trois jours sur sa ligne d'écoute, une fréquence en hausse de 3 000 % en dix ans.

Sources

  1. Le Monde : Pixels (tech)
  2. Une intensification des violences numériques visant les mineurs
  3. Cyberharcèlement, sextorsion, IA : pourquoi les parents doivent redoubler de vigilance sur les réseaux sociaux
  4. Pédocriminalité : ces prédateurs condamnés grâce au travail des associations

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