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Filmées à leur insu avec des lunettes connectées

Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes après des plaintes de femmes filmées dans la rue à leur insu avec des lunettes connectées, a-t-il indiqué mardi.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Lunettes connectées posées sur une table de café, diode allumée sur la monture.

Le parquet de Paris a confirmé mardi 22 septembre avoir ouvert plusieurs enquêtes après avoir été saisi de plaintes de femmes filmées dans la rue avec des lunettes connectées, sans leur consentement. L'information a été donnée à l'AFP, qui l'a sollicité sur le sujet.

Ces lunettes, équipées d'une caméra discrète, permettent de filmer un passant sans qu'il s'en aperçoive. Le parquet évoque une "tendance montante sur les réseaux sociaux consistant à filmer des femmes dans la rue avec des lunettes connectées sans leur consentement et à publier les vidéos en ligne".

Des qualifications pénales multiples

Les enquêtes ouvertes visent le délit de "diffusion, par service de communication au public en ligne, d'un montage ou contenu généré par traitement algorithmique non apparent représentant l'image ou les paroles d'une personne sans son consentement". Cette infraction est punie de deux ans de prison et 45 000 euros d'amende.

« saisi de plaintes portant sur des atteintes à l'intimité de la vie privée liées à l'usage de lunettes connectées », Parquet de Paris, communiqué à l'AFP.

Dans certains dossiers, le parquet retient également la qualification d'"agression sexuelle", "lorsque les faits s'accompagnent de gestes sexuels non consentis". Le Code pénal prévoit par ailleurs, à l'article 226-1, une peine allant jusqu'à un an de prison et 45 000 euros d'amende pour l'enregistrement de l'image d'une personne dans un lieu privé sans son accord. Mais ce texte s'applique mal à la rue, un espace public, ce qui complique la répression de ces pratiques, selon des experts cités par Reuters.

Une alerte lancée le 8 septembre

C'est l'association e-Enfance, qui gère la ligne 3018 dédiée aux victimes de violences numériques, qui avait donné l'alerte le 8 septembre sur le phénomène croissant de vidéos humiliantes tournées avec des lunettes à caméra et diffusées en ligne. Depuis le début de l'année, le 3018 a reçu une vingtaine de signalements concernant des femmes filmées sans leur consentement à l'aide de ces appareils, dont la majorité concernait des modèles Meta, selon Le Figaro.

Dès le 18 septembre, Reuters avait révélé qu'une première enquête pénale avait été ouverte à Paris pour harcèlement sexuel lié à l'usage de ces lunettes. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a de son côté indiqué avoir reçu moins de dix plaintes concernant l'utilisation de lunettes connectées sur le lieu de travail, ainsi que des sollicitations d'entreprises souhaitant en interdire l'usage dans leurs locaux.

Un marché en pleine expansion

Les lunettes connectées de Meta, fabriquées avec EssilorLuxottica, dominent ce marché naissant avec une part estimée à environ 76%, selon des données rapportées par The Next Web. Sept millions d'unités ont été vendues dans le monde l'an dernier, d'après Reuters, qui évoque une "croissance exponentielle" attendue en 2026.

IndicateurChiffreSource
Signalements au 3018 depuis janvierune vingtaineLe Figaro, septembre 2026
Plaintes CNIL sur l'usage au travailmoins de dixReuters, 18 septembre 2026
Part de marché des lunettes Metaenviron 76%The Next Web, septembre 2026
Ventes mondiales de lunettes Meta en 20257 millions d'unitésReuters, 18 septembre 2026
Perception du risque pour la vie privée67% des adultes interrogésKulturegeek, septembre 2026

Une enquête menée auprès de 2 128 adultes, citée par Kulturegeek, montrait que 67% des personnes interrogées considèrent ces lunettes comme un risque pour la vie privée.

La cybercriminalité en action préventive

Au-delà des plaintes déjà déposées, la section cybercriminalité du parquet de Paris a engagé un travail prospectif sur le sujet. "Elle a testé des lunettes connectées courant septembre, afin d'identifier la commission d'autres infractions pénales en matière de cybercriminalité", a précisé le parquet.

« Elle a testé des lunettes connectées courant septembre, afin d'identifier la commission d'autres infractions pénales en matière de cybercriminalité », Parquet de Paris, communiqué à l'AFP.

Ce travail vise notamment à anticiper des scénarios comme la captation d'une clé d'un portefeuille de cryptomonnaies, qui permettrait ensuite de s'emparer des fonds qu'il contient. Le parquet n'a précisé ni le nombre de personnes visées par les enquêtes, ni la marque des appareils en cause dans chaque dossier. Meta a par ailleurs annoncé son intention de retirer de Facebook et Instagram les vidéos jugées abusives, tournées avec ses propres lunettes.

Sources

  1. BFMTV : Tech
  2. Lunettes connectées : plusieurs enquêtes ouvertes à Paris après ... des plaintes de femmes filmées sans leur consentement
  3. Lunettes connectées : plusieurs enquêtes ouvertes en France après ... des signalements de femmes filmées sans leur consentement
  4. France Les lunettes connectées de Meta dans l'oeil de mire de la justice et des régulateurs
  5. France probes misuse of smart glasses in sexual harassment cases
  6. Paris prosecutors open criminal probe into smart glasses used to film women
  7. Lunettes connectées : le parquet de Paris ouvre une enquête après ... des vidéos
  8. Lunettes connectées : suite à plusieurs plaintes pour harcèlement sexuel, la France lance une enquête
  9. Lunettes connectées : une enquête ouverte en France pour harcèlement sexuel

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