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Lunettes connectées : des femmes filmées sans consentement

Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes après des plaintes de femmes filmées dans la rue avec des lunettes connectées, sans leur consentement.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Lunettes connectées avec diode allumée, posées sur une table de café.

Le parquet de Paris a confirmé mardi 22 septembre, sollicité par l'Agence France-Presse, avoir ouvert plusieurs enquêtes après avoir été saisi de plaintes concernant des femmes filmées dans la rue avec des lunettes connectées. Ces plaintes portent sur des « atteintes à l'intimité de la vie privée liées à l'usage de lunettes connectées », a précisé le parquet.

Un scénario qui se répète sur les réseaux sociaux

Le parquet évoque une « tendance montante sur les réseaux sociaux consistant à filmer des femmes dans la rue avec des lunettes connectées sans leur consentement et à publier les vidéos en ligne ». L'association e-Enfance, qui gère la ligne 3018 dédiée aux victimes de violences numériques, avait alerté dès le 8 septembre sur ce phénomène.

Selon l'association, le scénario se répète : un créateur de contenus aborde une jeune femme dans un lieu public et la filme discrètement avec ces lunettes, cherchant à « provoquer une réaction, la mettre mal à l'aise ou la placer dans une situation embarrassante », avant de diffuser la séquence, principalement sur TikTok. Les vidéos sorties de leur contexte exposent ensuite les personnes filmées à des moqueries, des insultes misogynes et parfois des menaces.

« Elles sont humiliées, et parfois pour certaines menacées de mort sur les réseaux sociaux », Inès Legendre, responsable du plaidoyer à e-Enfance.

Des infractions passibles de deux ans de prison

Les enquêtes ouvertes visent le délit de « diffusion, par service de communication au public en ligne, d'un montage ou contenu généré par traitement algorithmique non apparent représentant l'image ou les paroles d'une personne sans son consentement ». Ce délit fait encourir deux ans de prison et 45 000 euros d'amende, selon les précisions transmises par le parquet.

Dans certains dossiers, les investigations portent aussi sur des faits d'agression sexuelle, « lorsque les faits s'accompagnent de gestes sexuels non consentis ». La section cybercriminalité du parquet de Paris travaille par ailleurs de manière prospective sur le sujet : elle a testé des lunettes connectées courant septembre pour identifier d'autres infractions possibles, comme la captation d'un code de récupération d'un portefeuille de cryptomonnaies permettant de dérober des fonds.

La CNIL alertée, Meta domine le marché

Au-delà de la voie pénale, la Commission nationale de l'informatique et des libertés a reçu près d'une dizaine de plaintes concernant l'utilisation de lunettes connectées sur le lieu de travail, selon Reuters. Des entreprises se tournent de plus en plus vers l'autorité pour savoir si elles peuvent interdire ces appareils dans leurs locaux.

Aucune marque n'a été formellement désignée par le parquet dans les enquêtes ouvertes à Paris. Mais le marché mondial des lunettes connectées est dominé par les modèles produits par Meta avec EssilorLuxottica, qui en détiendraient environ 76 %, selon les chiffres de vente cités par Kulturegeek. Reuters évoque de son côté sept millions d'unités vendues l'an dernier, avec une croissance jugée « exponentielle » pour 2026 par EssilorLuxottica.

IndicateurChiffreSource
Signalements reçus par e-Enfanceune trentaineLe Monde / AFP, 22 septembre 2026
Plaintes reçues par la CNIL (usage au travail)environ 10Reuters, 18 septembre 2026
Part de marché des lunettes Meta/EssilorLuxotticaenviron 76 %Kulturegeek, 17 septembre 2026
Lunettes vendues dans le monde en 20257 millions d'unitésReuters, 18 septembre 2026
Peine encourue pour diffusion sans consentement2 ans de prison, 45 000 euros d'amendeLe Monde, 22 septembre 2026

Une association parle de « partie émergée de l'iceberg »

Inès Legendre, responsable du plaidoyer à e-Enfance, a fait état auprès de l'AFP d'une trentaine de signalements reçus par son association, tout en estimant qu'il ne s'agissait que d'une fraction des cas réels. Pour les personnes filmées puis diffusées en ligne sans leur accord, plusieurs recours existent en parallèle de la plainte pénale : demander le retrait de la vidéo auprès de la plateforme concernée, ou saisir directement la CNIL.

Le parquet de Paris n'a précisé ni le nombre exact de plaintes reçues, ni celui des personnes visées par les enquêtes. Aucun calendrier de procédure n'a non plus été communiqué à ce stade.

Sources

  1. Le Monde : Pixels (tech)
  2. France Les lunettes connectées de Meta dans l'oeil de mire de la justice et des régulateurs
  3. Lunettes connectées : le parquet de Paris ouvre une enquête après ... des vidéos tournées avec des lunettes connectées
  4. Lunettes connectées : une enquête ouverte en France pour ... - GNT
  5. Femmes filmées sans leur consentement avec des lunettes connectées: la justice ouvre plusieurs enquêtes à Paris

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