Actu Allo360
En continu

Fringales d'automne : pourquoi le froid pousse à trop manger

Depuis l'installation de l'automne le 23 septembre, beaucoup ressentent une faim plus marquée.

Par la rédaction de Actu Allo3603 min de lecture
Table d'automne avec plaid, tasse fumante et bol vide, feuilles mortes près de la fenêtre.

Les fringales d'automne ne sont pas une question de volonté. Depuis le 23 septembre, date d'entrée officielle de la saison dans l'hémisphère nord, les journées raccourcissent et les envies de grignotage se font plus présentes, rapporte 20 Minutes. Le phénomène touche une large partie de la population et s'explique par des mécanismes physiologiques précis.

Le corps dépense plus d'énergie pour se réchauffer

Quand les températures baissent, l'organisme doit maintenir sa température interne autour de 37 degrés. Ce processus, appelé thermogenèse, consomme davantage de calories, selon Santé Magazine. Le corps réclame alors plus de carburant, surtout le soir ou après une exposition au froid.

Nathalie Somville, diététicienne nutritionniste citée par Santé Magazine, rappelle que ce phénomène ne doit pas inquiéter.

« Avoir plus faim en hiver est un phénomène tout à fait normal », Nathalie Somville, diététicienne nutritionniste.

Elle précise toutefois que l'intensité de cette faim accrue varie selon les personnes, en fonction du rythme de vie, du temps passé dehors et de l'environnement de travail.

Des hormones déréglées par le manque de lumière

Le second facteur tient à la luminosité. La baisse d'ensoleillement limite la production de leptine, l'hormone qui signale la satiété, tout en augmentant celle de ghréline, qui déclenche la faim, selon 20 Minutes. Cette baisse de lumière agit aussi sur la mélatonine, liée au sommeil, et sur la sérotonine, impliquée dans la régulation de l'humeur.

Une revue systématique publiée en 2021 dans la revue Nutrients, citée par Futura Sciences, montre que l'exposition au froid augmente, dans la majorité des études menées chez l'humain, la sensation de faim et la prise alimentaire. Des travaux parus en 2023 dans Nature ont par ailleurs identifié chez l'animal un noyau cérébral, le noyau xiphoïde, qui s'active lors d'une exposition au froid et stimulerait la recherche alimentaire.

Pour la diététicienne Carrie Ruxton, interrogée par The Portugal News, ce basculement vers des aliments réconfortants est presque automatique.

« Lorsque le temps se rafraîchit, nous avons tendance à avoir envie d'aliments plus chauds, plus douillets et plus réconfortants », Carrie Ruxton, diététicienne, Health & Food Supplements Information Service.

Le nutritionniste Raphaël Gruman, cité par L'Union, insiste de son côté sur le rôle du moral plutôt que sur celui du froid lui-même.

« Les journées courtes et la grisaille impactent notre moral, ce qui nous pousse à rechercher du réconfort dans l'alimentation », Raphaël Gruman, nutritionniste.

Ce que révèlent les enquêtes

Au-delà des mécanismes biologiques, une enquête réalisée par Elle.fr auprès de 13 411 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus illustre l'ampleur du phénomène. Elle montre que la faim hivernale touche une majorité de Français, hommes et femmes confondus, et qu'elle s'accompagne d'un repli vers le domicile et de plats plus riches.

IndicateurChiffreSource
Femmes déclarant manger plus quand il fait froid51 %Elle.fr
Hommes déclarant manger plus quand il fait froid59 %Elle.fr
Français restant davantage chez eux en hiver91 %Elle.fr
Français ressentant la faim plus vite en hiver86 %Elle.fr
Taille de l'échantillon de l'enquête13 411 personnesElle.fr

Ces chiffres confirment que l'alimentation émotionnelle, liée au cocooning et aux traditions culinaires de saison comme la raclette ou la fondue, pèse autant que la physiologie dans cette hausse d'appétit.

Des conseils pour ne pas culpabiliser

Les spécialistes s'accordent sur un point : il n'est pas nécessaire de manger pour deux face au froid. Santé Magazine recommande de ne pas sauter de repas et de conserver une alimentation équilibrée, tout en s'accordant des plaisirs gourmands sans culpabilité. D'après la revue de Nutriments citée par Futura Sciences, la réponse à l'exposition au froid reste variable selon les individus, et certaines expériences récentes montrent que des volontaires exposés passivement au froid n'ont pas forcément mangé davantage.

Les experts rappellent enfin que, dans des environnements chauffés et avec des vêtements adaptés, les besoins caloriques réels augmentent peu en automne et en hiver. L'essentiel des fringales relèverait donc davantage du réconfort recherché face à la grisaille que d'une nécessité énergétique.

Sources

  1. 20 Minutes : High-Tech
  2. Faim hivernale : comment le froid influence notre appétit
  3. Pourquoi a-t-on plus faim quand il fait froid ? - Futura Sciences
  4. Pourquoi avez-vous envie d'aliments différents lorsqu'il fait plus froid ?
  5. Pourquoi avons-nous plus faim en hiver ? Un professionnel nous explique
  6. Avons-nous (vraiment) besoin de manger plus en hiver

Sujets